Alors que les autorités tentent de retracer les itinéraires des personnes décédées à la suite de l’hantavirus sur le « MV Hondius », l’Argentine comptabilise plus de 30 décès depuis un an. L’Argentine s’est-elle convertie en foyer incontrôlable d’hantavirus ? Pas vraiment. Alors que les autorités locales essaient de déterminer où et à quel moment les premiers passagers du « MV Hondius » victimes de l’hantavirus ont pu contracter le virus lors de leur séjour en Amérique du Sud, plusieurs provinces du pays sont en alerte depuis des mois.
Selon l’organisation panaméricaine de la Santé, l’Argentine est le pays qui enregistre le plus de cas : 101 confirmés de contagion et 32 décès depuis juin 2025, en hausse de près de 66 % par rapport à la saison précédente. « Il y a eu une augmentation significative des cas dans tout le territoire, qui sont contrôlés, mais qui interpellent », explique le Dr Hugo Rizzi, infectiologue et épidémiologiste de la faculté de médecine de Cordoba.
Autorités en alerte
Dès le début de l’été austral, fin 2025, plusieurs cas ont été médiatisés en Argentine à la suite de décès. En effet, le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), provoqué chez l’humain par les souches du virus circulant en Argentine, a un taux de létalité d’environ 34 % ce qui, avec la multiplication des cas, a mis les autorités en alerte.
Transmis par certains rongeurs, en particulier au printemps et en été, lorsque les activités de plein air sont davantage pratiquées, les virus « hanta » ont surtout frappé la très vaste et peuplée province de Buenos Aires. Mais c’est dans le Nord-Ouest argentin, en particulier dans la province touristique de Salta, que l’incidence est la plus élevée, avec 30 cas confirmés, contre 12 l’année précédente. La province de Terre de Feu, à l’extrême sud du pays, d’où est parti le bateau de croisière, n’a enregistré aucun cas, d’après un communiqué.
Transmission interhumaine du virus Andes
Parmi les hantavirus, la souche Andes, qui est celle qui circule principalement dans le sud de l’Argentine, possède la particularité de pouvoir se transmettre entre êtres humains. C’est dans la localité d’Epuyén, au pied de la cordillère des Andes, fin 2018, que ce type de transmission a pu être confirmé, après que le virus a contaminé 34 personnes, faisant 11 décès. Une personne infectée ayant assisté à une fête d’anniversaire avec de légers symptômes de fièvre a été à l’origine de ce foyer.
L’apprentissage du Covid
« Cette double voie de transmission fait que son incidence est plus élevée, explique le Dr Rizzi, mais tous les hantavirus qui circulent en Argentine sont dangereux pour la santé humaine, avec une létalité très élevée. » L’expert insiste donc sur les mesures de prévention et les apprentissages tirés de la pandémie de Covid pour se protéger.
Alors que ni les autorités locales, ni le gouvernement argentin, ne semblent vouloir être associés à une potentielle épidémie, la communication entre les provinces argentines et l’État fédéral semble parfois compliquée. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) assure pour sa part que ce n’est ni « le début d’une épidémie », ni celui « d’une pandémie ».
Du côté du ministère argentin de la Santé, on assure que les mesures de formation du personnel de santé, de prévention et de coordination avec les provinces, sont prises. Ce que dément le porte-parole de la province de Terre de Feu, qui regrette qu’« avec ce gouvernement [de Javier Milei, NDLR], il n’y a aucune articulation sur les questions de santé publique ». L’Argentine a par ailleurs formalisé sa sortie de l’Organisation mondiale de la santé le 17 mars 2026.



