Il n'existe à ce jour aucun traitement spécifique pour lutter contre l'hantavirus, une famille de virus transmis par les rongeurs. Alors que cinq Français rapatriés du bateau de croisière « MV Hondius » passaient leur première journée à l'hôpital Bichat (AP-HP) à Paris, les représentants de l'ANRS-MIE, l'agence publique de recherche sur les maladies infectieuses émergentes, se réunissaient lundi 11 mai dans l'après-midi pour coordonner le lancement de nouveaux travaux scientifiques sur cette gamme de virus.
Des pistes de recherche prioritaires
« Nous avons essayé d'identifier les points de recherche prioritaires, depuis la question de la transmission du virus jusqu'au développement de traitements et éventuellement de vaccins », rapporte le professeur Hervé Raoul, directeur de recherche à l'Inserm et directeur adjoint de cette agence. « Nous avons commencé par établir un état des lieux, pour voir sur quoi il va falloir mettre l'accent prochainement. »
Un virus particulièrement dangereux
L'hantavirus des Andes, responsable de cas graves en Amérique du Sud, suscite une attention particulière. Sa transmission interhumaine possible et son taux de létalité élevé en font une priorité pour les chercheurs. Les équipes de l'ANRS-MIE travaillent sur plusieurs axes : la compréhension des mécanismes de transmission, l'identification de molécules antivirales existantes qui pourraient être réutilisées, et le développement de candidats vaccins.
Des essais cliniques espérés à court terme
Plusieurs équipes internationales planchent déjà sur des approches vaccinales, mais aucune n'a encore atteint le stade des essais cliniques chez l'homme. L'ANRS-MIE espère accélérer le processus en mutualisant les données et en coordonnant les efforts de recherche. Des tests sur des modèles animaux sont en cours pour évaluer l'efficacité de certaines molécules antivirales, notamment la ribavirine, déjà utilisée contre d'autres virus.
Un enjeu de santé publique mondiale
L'émergence de l'hantavirus des Andes en Europe, via des voyageurs infectés, souligne l'importance d'une surveillance renforcée et d'une recherche réactive. L'ANRS-MIE prévoit de lancer un appel à projets dans les prochaines semaines pour financer des recherches ciblées. « Il faut être prêt à faire face à une éventuelle propagation », insiste le professeur Raoul.
En attendant des traitements spécifiques, la prévention reste essentielle : éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments, et consulter rapidement en cas de symptômes évocateurs (fièvre, douleurs musculaires, troubles respiratoires).



