Ce lundi 12 mai, jour anniversaire de la naissance de Florence Nightingale, on célèbre la Journée internationale de l’infirmière. Peu connue en France, cette pionnière a posé au XIXe siècle les bases de la profession infirmière contemporaine.
Un contexte de guerre
En 1853, la guerre de Crimée fait rage. La Russie, animée par des désirs d’expansion, affronte une coalition formée de l’Empire ottoman, du Royaume-Uni, de la France et du Royaume de Sardaigne. Ce conflit est meurtrier. Les soldats blessés sont abandonnés à leur sort dans les hôpitaux militaires ouverts à Constantinople, des lieux de crasse où ils meurent, surtout du typhus, du choléra et de dysenterie. La maladie fait ainsi plus de 1 000 morts parmi les soldats britanniques.
Une intervention humanitaire décisive
Les journalistes de guerre dépêchés sur place alertent l’opinion anglaise. Une femme décide de réagir. Elle projette une intervention humanitaire. Après avoir réussi à obtenir l’appui des autorités, en particulier de lord Palmerston, ministre de l’Intérieur, de lord Clarendon, ministre des Affaires étrangères et surtout de Sidney Herbert, secrétaire d’État à la Guerre, elle se rend sur les rives du Bosphore, avec quarante autres soignantes. Son nom ? Florence Nightingale.
À 34 ans, la jeune Londonienne, née le 12 mai 1820 à Florence (Italie) dans une famille riche de la haute société britannique, tel un général, impose son autorité aux médecins militaires et révolutionne les soins infirmiers, généralisant les règles d’hygiène les plus élémentaires auprès des soldats blessés de l’hôpital de Scutari, près de Constantinople. Le taux de mortalité chute.
La « Dame à la lampe », une héroïne moderne
La « Dame à la lampe » - son surnom - est accueillie en héroïne à son retour en Grande-Bretagne, en août 1856. Passionnée par la médecine et les statistiques, celle qui était destinée à une vie rangée d’épouse et qui a mis des années à faire accepter à sa famille qu’elle puisse exercer le métier d’infirmière, deviendra plus tard une experte en santé publique, modernisant les hôpitaux publics et créant la toute première école d’infirmières de l’empire britannique.
Véritable sainte laïque dans le monde anglo-saxon, Florence Nightingale croyait qu’une bonne pratique infirmière ne grandit pas seule, mais qu’elle est le résultat d’études, d’enseignement, d’entraînement, de pratique, qui se finalise dans une base solide pouvant se transférer dans tous les milieux, auprès de tous les patients.
Un héritage durable
Pionnière des soins infirmiers modernes et de l’utilisation des statistiques dans le domaine de la santé, elle sera la première à définir que chaque patient a des besoins individuels, que le rôle de l’infirmière vise à satisfaire ces besoins, et qu’il faut prendre en compte les dimensions santé-maladie des soins infirmiers. Elle fera des soins infirmiers un métier respecté, en établissant une formation et en soulignant l’importance d’une éducation continue, tout en distinguant les soins infirmiers de la médecine.
En 1907, Florence Nightingale deviendra la première femme à être décorée de l’Ordre du mérite. La même année est créée la médaille éponyme, décernée aux personnes se distinguant par leurs actions dans le domaine des soins infirmiers. Depuis sa mort à Londres, le 13 août 1910, la « première infirmière » qui fait l’objet de quantité de livres, films et autres séries télévisées, a reçu et continue à recevoir de multiples hommages dans le monde entier. La Journée internationale des infirmières est ainsi célébrée chaque année le jour anniversaire de sa naissance.
Dans le Sud-Ouest, l’Institut de formation aux soins infirmiers (IFSI) Bagatelle de Talence (Gironde), fondé en 1884, porte son nom.



