Le Sénat a rejeté ce mardi un article central du projet de loi sur la fin de vie, qui visait à autoriser l'aide active à mourir sous certaines conditions. Par 201 voix contre 116, les sénateurs ont supprimé l'article 5, qui ouvrait la voie à une assistance au suicide et à l'euthanasie pour les patients atteints de maladies incurables en phase terminale. Ce vote constitue un revers majeur pour le gouvernement et les défenseurs de la légalisation de l'aide à mourir.
Un rejet attendu mais des débats houleux
Le rejet de l'article 5 était attendu, la majorité sénatoriale étant traditionnellement hostile à une telle évolution législative. Les débats, qui se sont tenus pendant plusieurs jours, ont été marqués par des interventions passionnées. Les opposants ont invoqué le risque de dérive vers une banalisation de la mort provoquée, tandis que les partisans ont plaidé pour la liberté de choix des patients en fin de vie. Le ministre de la Santé, présent dans l'hémicycle, a exprimé sa déception, mais a souligné que le gouvernement restait déterminé à faire aboutir le texte.
Un texte renforçant les soins palliatifs adopté
Parallèlement, le Sénat a adopté un texte distinct visant à renforcer l'accès aux soins palliatifs sur l'ensemble du territoire. Ce volet, moins controversé, prévoit notamment la création de 1 500 nouvelles lits en unités de soins palliatifs d'ici 2028, ainsi que le doublement des crédits alloués à la formation des professionnels de santé. Les sénateurs ont également voté en faveur d'un meilleur remboursement des soins palliatifs à domicile, une mesure saluée par les associations de patients.
Quelles suites pour la loi ?
Le rejet de l'article 5 complique considérablement le parcours législatif du projet de loi. Le texte, qui doit encore être examiné par l'Assemblée nationale, pourrait faire l'objet d'une nouvelle navette parlementaire. Le gouvernement pourrait également choisir d'utiliser l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le texte sans vote, une option évoquée par plusieurs ministres. En attendant, les associations de défense des droits des malades ont dénoncé une décision « contraire à l'évolution de la société » et promis de poursuivre leur mobilisation.
Ce vote sénatorial intervient dans un contexte où la question de la fin de vie divise profondément la société française. Selon un récent sondage, 70 % des Français se disent favorables à une légalisation de l'aide active à mourir, mais les clivages politiques et religieux restent forts. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir de cette réforme emblématique.



