Une révélation choc lors du débat municipal d'Oloron
Mardi 17 mars, lors du débat du second tour des élections municipales organisé par Radio Oloron, le candidat Les Républicains Hugo Couchinave a lancé une véritable bombe. Il a affirmé détenir une information selon laquelle l'Agence régionale de santé (ARS) préparait un projet de fermetures ponctuelles du service de chirurgie de l'hôpital d'Oloron le week-end. Cette révélation, reprise par La République des Pyrénées, a immédiatement suscité l'émoi parmi les participants et les élus locaux.
Des élus en alerte et une lettre sans réponse
Interpellés directement par Hugo Couchinave lors du débat, ses adversaires Marie-Lyse Bistué et Clément Servat, membres du conseil de surveillance de l'hôpital, ont été mis sur la sellette. Marie-Lyse Bistué a confirmé que le maire et président du conseil de surveillance, Bernard Uthurry, ainsi que le député Iñaki Echaniz, avaient effectivement envoyé un courrier au directeur de l'ARS pour s'enquérir de ce projet. À ce jour, aucune réponse n'a été reçue, selon les déclarations faites lors de l'échange.
Contacté le lendemain, mercredi 18 mars, Bernard Uthurry a précisé : « Ce sujet a bien été évoqué au conseil de surveillance de l'hôpital, où l'on a appris que ces fermetures étaient en réflexion. Avec quelques élus, nous sommes allés en délégation à l'ARS de Bordeaux, où l'on nous a dit qu'il s'agissait d'une piste possible pour alléger les coûts de fonctionnement. Mais l'explication n'est pas là. »
Le problème des chirurgiens intérimaires et des coûts exorbitants
Selon Bernard Uthurry, le service de chirurgie repose sur un seul chirurgien orthopédique, ce qui pose des problèmes lors de ses absences. « Le problème, c'est qu'on engage des intérimaires à la place, qui non seulement sont payés un maximum, mais qui, dans le domaine orthopédique, que ce soit pour une fracture de l'humérus ou du tibia, décalent l'acte au lundi, quand le titulaire revient », explique-t-il. Ce phénomène fausserait les statistiques d'actes médicaux réalisés le week-end.
Le député Iñaki Echaniz abonde dans ce sens, dénonçant une situation inacceptable : « On a donc des chirurgiens intérimaires qui se baladent d'hôpitaux en hôpitaux et qui font monter les enchères à des prix indécents, de 4 000 à 6 000 euros le week-end. Week-ends qui se déroulent parfois sans opérations. Cela crée une concurrence entre les hôpitaux. » Ces coûts élevés seraient l'une des raisons invoquées par l'ARS pour envisager des fermetures.
Les spécificités touristiques de la région en jeu
Dans leur courrier adressé à l'ARS, Bernard Uthurry et Iñaki Echaniz insistent sur la nécessité de prendre en compte les particularités de la région. Ils demandent que soit considérée « la spécificité touristique de notre région, organisée autour de pratiques à risques (montagne, randonnée, sports d'eaux vives, vélo, etc.), qui requiert, au-delà des besoins classiques et quotidiens en matière de soins, une attention particulière ».
Bernard Uthurry plaide pour une collaboration renforcée avec l'hôpital de Pau : « Nous préférons qu'il y ait une recherche de complémentarité avec l'hôpital de Pau. Nous avons toujours soutenu la direction commune avec Pau parce qu'on nous avait expliqué que cela allait permettre de trouver des solutions ensemble à ce genre de problème. On veut bien entendre toutes les explications, la pénurie de spécialistes, le coût des remplacements… Pour autant, on ne peut pas renoncer à avoir une couverture médicale sur l'ensemble de la semaine. »
Des accusations d'immobilisme et un silence persistant de l'ARS
Lors du débat, Clément Servat a pour sa part critiqué ce qu'il perçoit comme un « immobilisme » de la part de Bernard Uthurry, estimant que la situation actuelle en serait la conséquence. De son côté, le journal Sud Ouest a tenté de contacter l'Agence régionale de santé pour obtenir des éclaircissements sur ce projet de fermeture, mais est resté sans réponse jusqu'à présent.
Cette affaire, révélée en pleine campagne électorale, soulève des questions cruciales sur l'avenir des services de santé dans les zones rurales et touristiques, mettant en lumière les défis financiers et organisationnels auxquels sont confrontés les hôpitaux de proximité.



