Un homme sera jugé pour s'être fait passer pour un professionnel de santé à domicile, alors que son diplôme était faux. En plus de l'Ordre des kinésithérapeutes, 14 patients se sont constitués parties civiles contre celui qui se considère comme un « guérisseur ».
Une imposture de trois ans
Être kinésithérapeute ne s'improvise pas. Pour le devenir, il faut suivre quatre années d'études. Or, cet habitant du Médoc n'a visiblement jamais suivi de formation. Pourtant, il se présentait comme un véritable professionnel à Soulac et au Verdon-sur-Mer. Ce qui lui vaut d'être poursuivi pour exercice illégal de la profession, faux en écriture et mise en danger de la vie d'autrui. Le prévenu devrait être jugé prochainement au tribunal correctionnel de Bordeaux pour des faits commis de janvier 2022 à janvier 2025.
Témoignages de victimes
« Il m'a fait une manipulation ou deux et ça m'a soulagé, témoigne une des 14 victimes. J'étais en totale confiance car il n'a jamais fait preuve d'un manque de respect. » Le conseil départemental de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes se portera également partie civile. « Le mis en cause se présentait de manière très sérieuse comme kiné », explique Me Marie-Clémentine Anouchian, avocate de l'Ordre.
Paiement en nature
Selon nos informations, il exerçait sans se faire payer : en échange de ses prestations, parfois de l'électrothérapie, les patients le réglaient via divers cadeaux comme des bouteilles de vin, de spiritueux ou des chocolats. Localement, la révélation de sa duperie a eu des conséquences : l'intéressé a notamment démissionné du conseil municipal du Verdon en 2024. Sa compagne de l'époque est tombée de haut : « Même à moi, il avait dit qu'il était kiné, en montrant un faux diplôme. C'est un menteur chronique qui m'a totalement bernée. »
Antécédents judiciaires
L'homme, désormais placé sous contrôle judiciaire, est connu de la justice : il aurait déjà été condamné pour faux et usage de faux en 2000, une sanction aujourd'hui réhabilitée. Il avait écopé de trois mois de prison avec sursis et 1 000 euros d'amende. L'avocate qui le défendait a cessé son office, faute de nouvelles, et nous n'avons pas réussi à le retrouver. Mais l'expertise psychiatrique laisse augurer de sa défense : le faux kiné croit qu'il est vraiment « guérisseur » et que la procédure n'est qu'un complot.



