Espérance de vie en France progresse malgré surmortalité cardio
Espérance de vie en France progresse malgré surmortalité

Selon les dernières données de l'Insee publiées ce lundi, l'espérance de vie à la naissance en France continue de progresser pour atteindre 85,6 ans pour les femmes et 79,7 ans pour les hommes en 2025. Cette hausse de 0,3 an par rapport à 2024 marque un retour à une tendance haussière après les perturbations liées à la pandémie de Covid-19. Toutefois, les experts alertent sur une surmortalité cardiovasculaire qui reste préoccupante.

Une progression inégale selon les sexes et les régions

L'écart entre hommes et femmes se réduit légèrement, passant de 6,0 ans en 2024 à 5,9 ans en 2025. Les hommes gagnent 0,4 an d'espérance de vie contre 0,2 an pour les femmes. Les régions les plus dynamiques sont l'Île-de-France et l'Auvergne-Rhône-Alpes, tandis que les Hauts-de-France et la Corse restent en dessous de la moyenne nationale. L'Insee souligne que les disparités régionales persistent, liées aux différences de conditions de vie et d'accès aux soins.

Surmortalité cardiovasculaire : un phénomène inquiétant

Malgré cette progression, le nombre de décès liés aux maladies cardiovasculaires a augmenté de 4 % en 2024 par rapport à 2019, avant la pandémie. Selon le professeur Jean-Pierre Cambou, cardiologue à l'hôpital de Toulouse, « cette surmortalité est due en partie au retard de diagnostic et de prise en charge pendant la crise sanitaire, mais aussi à une augmentation des facteurs de risque comme l'obésité et la sédentarité ». Les données de Santé publique France montrent que les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les infarctus du myocarde sont les principales causes de cette hausse.

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Des progrès dans la lutte contre le cancer

En contrepartie, la mortalité par cancer continue de baisser, avec une diminution de 1,5 % par an depuis 2010. Les cancers du poumon chez les hommes et du sein chez les femmes enregistrent les plus fortes réductions, grâce aux avancées thérapeutiques et au dépistage précoce. Cependant, le cancer du poumon chez les femmes augmente encore, reflétant la hausse du tabagisme féminin dans les années 2000.

Impact des politiques de santé publique

Le ministère de la Santé a salué ces chiffres, mais rappelle l'importance de renforcer la prévention cardiovasculaire. Un plan national de lutte contre les maladies cardiovasculaires, doté de 200 millions d'euros, a été annoncé pour 2026. Il cible notamment la réduction de la consommation de sel et la promotion de l'activité physique. Selon le Dr. Claire Mounier-Vehier, cardiologue au CHU de Lille, « il est urgent d'agir sur les modes de vie pour inverser la tendance de la surmortalité cardiovasculaire ».

Comparaison avec les autres pays européens

La France se situe dans la moyenne haute de l'Union européenne pour l'espérance de vie, derrière l'Espagne (86,2 ans pour les femmes) et l'Italie (85,8 ans), mais devant l'Allemagne (83,4 ans) et le Royaume-Uni (82,9 ans). Cependant, la surmortalité cardiovasculaire française est plus élevée que dans les pays scandinaves, où les politiques de prévention sont plus avancées.

Perspectives pour les années à venir

Les démographes estiment que l'espérance de vie pourrait continuer à progresser, mais à un rythme plus lent, en raison du vieillissement de la population et des défis liés aux maladies chroniques. L'Insee prévoit une espérance de vie de 86,5 ans pour les femmes et 81 ans pour les hommes en 2030, sous réserve d'une amélioration de la prévention cardiovasculaire. Le gouvernement mise sur la vaccination antigrippale et la télémédecine pour réduire la pression sur le système de santé.

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