Ce dimanche 24 mai, Las Vegas accueille la toute première édition des Enhanced Games, une compétition où le dopage est non seulement autorisé mais encouragé. Derrière les promesses de records surhumains et de primes mirobolantes se cache en réalité une vaste opération commerciale et des expériences scientifiques aux lourds enjeux éthiques et sanitaires.
Un pied de nez aux instances sportives traditionnelles
Pensés comme une provocation directe envers le Comité international olympique et l'Agence mondiale antidopage, les Enhanced Games font le pari de la démesure. Ce projet controversé est dirigé par l'Australien Aaron de Souza, associé à l'entrepreneur Maximilian Martin, et financé par des figures comme le milliardaire libertarien Peter Thiel et Donald Trump Junior. Les organisateurs jugent hypocrites les instances sportives traditionnelles, estimant que le sport est déjà gangrené par le dopage. Ils proposent donc de l'encadrer, de le rendre transparent, et de rémunérer bien plus grassement les athlètes.
Trois disciplines et des athlètes-cobayes
Pour cette première édition, trois disciplines sont au programme : l'athlétisme, la natation et une version revisitée de l'haltérophilie. Quarante-deux athlètes ont accepté de servir de véritables cobayes, dont le sprinteur français Mouhamadou Fall, récemment suspendu de l'équipe de France. Leur motivation est avant tout financière : le projet promet plusieurs centaines de milliers de dollars à la signature, un salaire de 100 000 dollars par mois pendant la préparation, des primes de victoire, et jusqu'à un million de dollars en cas de record du monde.
Des risques sanitaires majeurs
D'un point de vue médical, l'événement suscite l'alarme. Les sportifs sont encouragés à utiliser des substances comme les stéroïdes anabolisants, l'EPO ou les hormones de croissance. Les médecins dénoncent un redoutable effet cocktail, soulignant que le mélange de ces substances à doses massives sur des sujets sains fait peser des risques toxiques majeurs. Malgré les promesses des organisateurs concernant un suivi médical permanent, l'absence de recul transforme ces participants en cobayes, soulevant un profond problème éthique face aux conséquences désastreuses possibles à long terme.
Une vitrine commerciale pour le corps augmenté
Mais le plus inquiétant reste le but réel de cette compétition : les Enhanced Games ne sont qu'une vitrine pour vendre au grand public l'illusion de la longévité et du corps augmenté. Sur le site de l'événement, une boutique propose des traitements personnalisés pour la perte de poids ou la testostérone à près de 200 dollars par mois. Le risque majeur est ainsi d'inciter des amateurs non encadrés à jouer aux apprentis pharmaciens et à mettre leur propre santé en péril.
Un succès mitigé
Malgré les millions de dollars injectés, le succès ne semble pas au rendez-vous. La compétition, initialement prévue sur quatre jours, a été réduite à une seule journée. Boudés par les grandes chaînes de télévision, ces Jeux des dopés devront se contenter d'une diffusion sur la chaîne gratuite Roku, ainsi que sur YouTube et Twitch.



