Des vestiges médiévaux étonnants
Dans les archives, la ville de Mimizan conserve d'étonnants vestiges médiévaux, appelés « bornes de sauveté ». Ces structures se dressent comme des anomalies dans le paysage, au milieu d'un champ, d'un bois, près d'une usine ou au détour d'une rue. Les nombreux touristes estivaux, venus à Mimizan attirés par les plages, ne feront sûrement pas attention à ces amas de pierre hauts de plusieurs mètres que l'on rencontre souvent au hasard. S'ils s'approchent malgré tout, ils liront sur chacune de ces tourelles le même panneau énigmatique : Pyramide de sauveté, 1009.
L'apogée des sauvetés
À Mimizan, ces pyramides ou bornes de sauveté du millénaire sont bien connues. Espacées d'environ 500 mètres chacune, elles servaient à délimiter le périmètre de la sauveté durant les Xe et XIe siècles, au moment du mouvement de la « Paix de Dieu ». À l'intérieur de ce périmètre, les paysans des environs pouvaient se réfugier lors d'attaques de brigands. Au centre du polygone formé par les sept bornes d'alors (certains historiens pensent qu'il y en avait neuf), se trouvait le prieuré bénédictin de Sainte-Marie, autour duquel s'est constitué le village médiéval de Mimizan.
« On n'en trouve pas qu'ici, précise Georges Robin, historien local spécialiste du sujet. D'autres bornes de sauvetés sont encore visibles dans les Landes, comme à Saint-Sever, autour de l'église d'Uchacq près de Mont-de-Marsan, à Saint-Girons-en-Marensin ou encore à Luë. »
Caractéristiques des bornes
« On estime qu'à l'origine, toutes mesuraient environ 4,50 mètres de haut, surplombées d'une croix, avec quatre blocs distincts de grosseur différente et empilées de manière à former une pyramide, le socle mesure 2 mètres carrés », décrit Georges Robin. Elles sont en garluche, un grès très utilisé au Moyen Âge, typique des Landes de Gascogne, qui tient sa rougeur du fer qu'il contient. « Elles étaient impressionnantes à l'époque et permettaient aux paysans de les voir de loin », décrypte l'historien.
Deux en très bon état
Des sept pyramides qui délimitaient la sauveté de Mimizan, il n'en reste aujourd'hui plus que cinq, dont quatre sont accessibles au public. « La cinquième est située derrière les barrières de la papeterie, précise Georges Robin. Parmi les pyramides restantes, deux sont encore en très bon état et permettent d'apprécier les dimensions originelles. Il s'agit de la borne de Cantegrouilles, aux abords de la rue des Trois-Pignes, et celle de la rue de la Sauvetat. »
À l'emplacement de la deuxième pyramide, le propriétaire du terrain a voulu construire une maison. Il a décidé de déplacer la borne de quelques mètres, en la reconstruisant à l'identique. Les deux autres bornes ne sont que des vestiges, mais toutes sont inscrites aux Monuments historiques depuis 1941. Cela leur permettra peut-être, qui sait, de survivre encore mille ans aux ravages du temps.
Note : La Paix de Dieu est un mouvement spirituel de pacification de la société orchestré par l'Église catholique durant le Moyen Âge.



