L'explosion des cas de dysphorie de genre
La dysphorie de genre, ce trouble qui se caractérise par un profond malaise entre le sexe biologique et l'identité ressentie, connaît une augmentation spectaculaire depuis une décennie. Au Royaume-Uni, sa prévalence est passée de 0,14 cas pour 10 000 personnes en 2011 à 4,4 cas pour 10 000 en 2021, soit une multiplication par 31 en seulement dix ans.
La situation française
En France, les données précises concernent principalement les personnes prises en charge pour une transition de genre au titre des affections longue durée. La prévalence était de 0,15 pour 10 000 en 2013, un chiffre comparable à celui du Royaume-Uni à la même époque. Mais en 2020, ce taux atteignait 1,4 pour 10 000, représentant une multiplication par 8 en sept ans seulement. Chez les mineurs, l'augmentation est encore plus frappante avec une multiplication par 26,8 sur la même période.
Les troubles psychiques associés
Un constat s'impose dans tous les pays étudiés : les dysphories de genre s'accompagnent très fréquemment de problèmes psychiques profonds. Parmi ces troubles, on retrouve notamment des troubles du spectre autistique et des tendances dépressives marquées. Cette association soulève une question fondamentale : ces troubles psychiatriques sont-ils la cause ou la conséquence de la dysphorie de genre ?
Deux visions opposées
Pour les associations représentant les personnes transgenres, la réponse est claire : les problèmes psychiques sont une conséquence directe de la dysphorie. Selon ces militants, ces troubles se résorberaient naturellement en alignant le sexe biologique avec le sexe ressenti. Cependant, une étude finlandaise publiée le 4 mars 2026 dans la revue Acta Paediatrica vient contredire cette vision.
L'étude finlandaise qui fait date
Coordonnée par la psychiatre Riittakerttu Kaltiala, cette recherche s'appuie sur les parcours de 2 083 Finlandais de moins de 23 ans ayant consulté un service spécialisé dans les troubles du genre entre 1996 et 2019. L'étude inclut également un groupe témoin de 16 643 jeunes filles et garçons.
Des résultats alarmants
Le premier constat révèle que les jeunes ayant consulté pour des troubles du genre présentaient trois fois plus souvent des problèmes psychiatriques nécessitant une consultation spécialisée que ceux du groupe témoin (45,7 % contre 15 %). Ils avaient également bénéficié plus fréquemment de « traitements psychiatriques intensifs ».
Mais le principal enseignement de cette étude, repris dans le monde entier, est plus troublant encore : engager une transition de genre n'a pas amélioré la situation. Sur les 796 jeunes ayant entrepris un changement de sexe par traitements hormonaux et chirurgie, la morbidité psychiatrique a augmenté de façon spectaculaire.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
« La morbidité psychiatrique a augmenté de façon marquée au cours du suivi, passant de 9,8 % à 60,7 % dans le cas d'une réassignation sexuelle féminisante et de 21,6 % à 54,5 % dans le cas d'une réassignation sexuelle masculinisante », écrivent les auteurs. Statistiquement, malgré des succès individuels possibles, la transition apparaît comme un échec en termes de bien-être global.
Avant et pendant la vague de dysphorie
L'étude distingue clairement deux périodes sur ces vingt-cinq ans d'observation. Avant 2010, 23,7 % des jeunes orientés vers les services spécialisés avaient déjà consulté pour des troubles psychiatriques sérieux. Pendant la vague de dysphorie (2011-2019), ce chiffre monte à 47,9 %.
Dans le groupe témoin, cette progression est bien moindre : de 11,8 % à 15,3 %, ce qui correspond aux progrès attendus dans la détection et la prise en charge médicale en psychiatrie. L'étude note avec surprise que, malgré un regard social plus tolérant sur les minorités de genre, les jeunes consultant dans la décennie 2011-2019 présentaient une santé psychique plus fragile.
Soigner avant de penser à réassigner
Partant du constat que « le trouble du genre peut être secondaire par rapport à d'autres problèmes de santé mentale », Riittakerttu Kaltiala et ses collègues appellent à « évaluer et traiter adéquatement les troubles mentaux chez les personnes qui consultent », avant d'engager des traitements médicaux parfois irréversibles.
Une orientation problématique
Manifestement, dans la décennie précédente, « un nombre croissant d'adolescents présentant une morbidité psychiatrique sévère ont été orientés vers les services d'identité genre », qui n'étaient pas les plus adaptés à leurs pathologies. Certains se sont auto-orientés, persuadés via divers canaux que la question du genre était à la racine de leur mal-être.
Pour partie au moins, la flambée « non-binaire » a été nourrie par des jeunes en détresse psychique cherchant une solution à leurs souffrances. Ils ont cru qu'une réassignation de genre les aiderait à aller mieux, mais les résultats statistiques montrent un échec de cette approche.
Le discours militant à l'épreuve des faits
Les associations qui militent depuis des années pour des transitions plus rapides et plus faciles, parfois sans avis préalable obligatoire d'un psychiatre, se trouveront dans une situation embarrassante si d'autres études confirment ces résultats. Le vent semble tourner dans la recherche sur ces questions.
Un reflux déjà observable
En octobre 2025, Eric Kaufmann, professeur canadien de science politique à l'université britannique de Buckingham, a publié une étude intitulée « Le déclin de l'identité trans et queer chez les jeunes Américains ». En se basant sur différents questionnaires, il montre un reflux de la proportion de jeunes se définissant autrement que comme hétérosexuel ou homosexuel.
Le mouvement est si rapide que la vague de la « non-binarité » pourrait s'effacer entièrement en quelques années seulement, selon cette recherche complémentaire. Ces études successives invitent à une réflexion approfondie sur les meilleures approches thérapeutiques pour les personnes souffrant de dysphorie de genre.



