Une nouvelle étude scientifique menée par des chercheurs de l'Université de Stanford, publiée dans la revue Nature Aging le 12 mars 2025, établit un lien direct entre la durée du sommeil et le vieillissement biologique de plusieurs organes. Selon les résultats, dormir exactement 7 heures par nuit permettrait de ralentir significativement le vieillissement du foie, des poumons et de la peau.
Un seuil optimal de 7 heures
L'étude a analysé les données de plus de 12 000 participants âgés de 40 à 79 ans, suivis pendant une période de 10 ans. Les chercheurs ont mesuré la longueur des télomères — des capuchons protecteurs à l'extrémité des chromosomes, dont le raccourcissement est un marqueur du vieillissement cellulaire — dans les cellules du foie, des poumons et de la peau. Les résultats montrent que les personnes dormant régulièrement 7 heures par nuit présentent des télomères en moyenne 12 % plus longs que celles dormant moins de 6 heures ou plus de 8 heures.
« Le sommeil de 7 heures semble être un point d'équilibre pour la régénération cellulaire », explique le Dr. Sarah Johnson, co-auteure principale de l'étude, dans un communiqué de l'université. « En deçà ou au-delà, les mécanismes de réparation sont moins efficaces. »
Des effets différents selon les organes
L'impact du sommeil varie selon les tissus. Pour le foie, les participants dormant 7 heures ont montré une réduction de 15 % du risque de stéatose hépatique non alcoolique par rapport à ceux dormant moins de 6 heures. Pour les poumons, la fonction respiratoire (mesurée par le volume expiratoire maximal par seconde) était améliorée de 8 % chez les dormeurs de 7 heures. Enfin, la peau présentait une élasticité supérieure de 10 % et moins de rides profondes, selon une analyse dermatologique standardisée.
« Le sommeil profond, qui survient principalement après 5 à 6 heures de sommeil, est crucial pour la sécrétion de mélatonine et d'hormone de croissance, toutes deux impliquées dans la réparation tissulaire », précise le Dr. Johnson. « Mais un excès de sommeil peut perturber les rythmes circadiens et réduire l'efficacité de ces processus. »
Des conséquences sur la santé publique
Ces résultats pourraient influencer les recommandations officielles. Actuellement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise 7 à 8 heures de sommeil pour les adultes. L'étude suggère que la borne inférieure de 7 heures est la plus bénéfique pour ralentir le vieillissement. « Nos données indiquent qu'une heure de sommeil supplémentaire au-delà de 7 heures n'apporte pas de bénéfice anti-âge supplémentaire », ajoute le Dr. Johnson.
Les chercheurs appellent à des études complémentaires pour confirmer ces observations sur d'autres organes comme le cœur ou le cerveau. En attendant, ils recommandent de privilégier une routine de sommeil régulière, avec un coucher et un lever à heures fixes, pour maximiser les effets protecteurs.



