Une offre médicale insuffisante face à une population vieillissante
À Royan, malgré plusieurs projets récents visant à améliorer l'offre médicale, la situation reste préoccupante. La création de la Maison de santé pluridisciplinaire Renaissance, du Pôle de santé médecin général Valérie André et l'installation d'une box médicale dans le quartier Marne-l'Yeuse n'ont pas suffi à combler les besoins croissants d'une population où un quart des habitants a 75 ans ou plus.
Une réalité bien éloignée des promesses
Contrairement aux articles vantant l'attractivité royannaise pour les retraités, la réalité sur le terrain est moins flatteuse. Obtenir un rendez-vous chez un cardiologue ou un dermatologue dans des délais raisonnables est devenu quasiment impossible, et de nombreux spécialistes refusent désormais de prendre de nouveaux patients. Certains médecins généralistes, débordés, ont également fermé leurs listes.
« Avec 9,6 médecins généralistes pour 10 000 habitants, Royan n'est pas considérée comme un désert médical car au-dessus du seuil des 8,4 », mais ces statistiques ne tiennent pas compte de la proportion élevée de personnes âgées dans la population.
Des structures hospitalières en difficulté
L'hôpital public Royan Atlantique est plombé par un déficit financier d'environ 4 millions d'euros. Le plateau chirurgical a disparu en 2005, la cardiologie a été supprimée, et le maintien des praticiens à diplôme hors Union européenne aux urgences est incertain. « Avant de penser à améliorer l'accès aux soins, il faut songer à conserver au moins le niveau existant », prévient Sauveur Méglio, chef du service des urgences.
Les cliniques privées du groupe Vivalto à Royan et Saint-Georges-de-Didonne tentent de maintenir une offre de soins, mais rencontrent elles aussi des difficultés de recrutement, comme en témoigne la fermeture du service des urgences de la clinique saint-georgeaise.
Les propositions des candidats aux élections municipales
Patrick Marengo (Les Républicains) : prévention et attractivité
Le maire sortant veut développer la prévention via le programme Pensa et relayer les messages nationaux sur la diététique. Pour améliorer l'accès aux soins, il propose une campagne active pour attirer des dentistes et mieux accueillir les internes pendant leurs stages pour les inciter à s'installer. Parmi ses mesures concrètes : faire venir une unité mobile de dermatologie et un bus santé femmes pour des visites médicales et dépistages.
Thomas Lafarie (Renaissance) : développement territorial
Le candidat souhaite s'appuyer sur le Contrat local de santé de la Communauté d'agglomération Royan Atlantique et la Communauté professionnelle territoriale de santé. Pour attirer des médecins, il propose de renforcer l'attractivité du territoire en transformant l'office de tourisme en agence de développement économique et touristique, facilitant ainsi le logement et l'emploi des conjoints des professionnels de santé.
Nicolas Calbrix (Rassemblement national) : guichet unique et démarchage
Le candidat milite pour la création d'un guichet unique entre la Ville et la Communauté d'agglomération pour faciliter l'installation des soignants. Il propose un démarchage actif dans les écoles d'infirmières et facultés de médecine, la réservation de logements sociaux pour les professionnels de santé, et la création de nouvelles Maisons de santé pluridisciplinaires.
Jacques Guiard (coalition de gauche) : nouveaux centres de santé
Le candidat communiste propose d'ouvrir un deuxième centre de santé à l'est de la ville, estimant que la box médicale actuelle ne répond pas totalement aux besoins. Il souhaite s'appuyer sur l'association La Fabrique des centres de santé plutôt que sur la Mutualité Française Centre Atlantique, avec un accès aux soins au tiers payant sans dépassement d'honoraire.
Un enjeu crucial pour l'avenir de Royan
Alors que les élections municipales des 15 et 22 mars approchent, la question de l'accès aux soins apparaît comme un enjeu majeur pour les candidats. Les propositions varient entre amélioration de l'existant, développement de nouvelles structures et renforcement de l'attractivité du territoire, mais toutes reconnaissent l'urgence de la situation face à une population vieillissante et des difficultés persistantes de recrutement médical.



