La clinique Claude-Bernard, située à Ermont dans le Val-d'Oise, pourrait bientôt ne plus être autorisée à pratiquer certaines interventions chirurgicales majeures. L'établissement, qui appartient au groupe Ramsay Santé, s'est vu refuser l'agrément nécessaire pour la « chirurgie carcinologique digestive complexe ». Cette décision concerne les opérations liées aux cancers du rectum et de l'estomac, un domaine dans lequel la clinique se revendique comme le premier opérateur du département.
Un incompréhension chez les soignants
Le Dr Jean-François Damour, médecin à la clinique, exprime son incompréhension face à cette situation : « Supprimer une offre de soins, c'est complètement fou, surtout dans un département comme le nôtre très touché par la désertification médicale… » Selon lui, l'équipe médicale avait l'habitude de réaliser ces opérations et possédait l'expertise nécessaire. La perte de cette autorisation représenterait une perte de chance pour les patients, qui devraient se tourner vers d'autres établissements, souvent plus éloignés.
Une offre de soins déjà fragilisée
Le Val-d'Oise est en effet confronté à une désertification médicale croissante, avec un accès aux soins de plus en plus difficile pour les habitants. La clinique Claude-Bernard jouait un rôle clé dans la prise en charge des cancers digestifs, réalisant le plus grand nombre d'actes dans le département. L'interdiction de ces interventions pourrait aggraver les inégalités territoriales en matière de santé.
Les conséquences pour les patients
Pour les patients atteints de cancers du rectum ou de l'estomac, cette décision signifie qu'ils devront chercher des alternatives ailleurs, souvent dans des hôpitaux parisiens ou d'autres cliniques privées. Cela implique des délais supplémentaires, des déplacements plus longs et une prise en charge potentiellement moins coordonnée. Les soignants de la clinique dénoncent une logique bureaucratique qui ne tient pas compte des besoins réels de la population.
La direction de la clinique n'a pas encore annoncé si elle ferait appel de cette décision. En attendant, les équipes médicales restent mobilisées pour défendre leur activité et l'accès aux soins dans le Val-d'Oise.



