Alors que les températures grimpent, le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Nîmes renforce ses équipes pour rencontrer les personnes isolées de la commune. Ce mardi 30 juin, Midi Libre a suivi Laurine et Sara, deux étudiantes embauchées pour le mois, au cours de leur journée de visite.
Un plan canicule déclenché dès mai
À 11 h 30, le soleil tape fort : 32 °C sont enregistrés. Les tournées du CCAS se poursuivent. Tote bag à l'épaule et t-shirt marinière aux couleurs du centre, Laurine et Sara rendent visite aux personnes âgées isolées. Chaque jour, les deux étudiantes de 19 et 21 ans se rendent dans six domiciles différents.
« 1 100 personnes vulnérables sont enregistrées sur notre liste. Elles sont répertoriées en trois catégories : prioritaire, veille et autonome », explique Sylvie Garcia Lopez, cheffe du service aides sociales du CCAS. Dès la fin mai, le plan canicule a été déclenché. Les fortes chaleurs étant habituelles, ce plan est mis en place chaque année et les équipes sont renforcées.
« On embauche deux personnes en plus le mois de juin, cinq autres pour juillet et août. On n'avait pas anticipé que la canicule commencerait si tôt. D'habitude ça commence en juillet. Il faudra réguler cela pour les années suivantes », constate Jo Menut, adjointe au maire à l'action sociale, aux seniors et à la lutte contre l'isolement.
Une présence qui rassure
Clé de voiture en main, les étudiantes se dirigent vers leur troisième halte de la journée, rue Solier. Pas de matériel médical, pas de bouteille d'eau dans le coffre, seulement une boîte d'urgence dans leur sac en tissu. « On y trouve les papiers d'identité photocopiés de la personne ainsi que son dossier médical. Cette boîte doit être rangée dans le frigo », continue Laurine. Dès que le senior dispose de ce dispositif, un autocollant vert est apposé sur la porte du réfrigérateur pour informer les pompiers et le Samu en cas d'intervention.
En passant le pas de la porte, la température est la même qu'à l'extérieur. Régis, 73 ans, vit au rythme de son chien et de ses deux ventilateurs. À peine arrivée, Sara sort une bouteille d'eau pétillante sur la table du salon. « Buvez un peu d'eau c'est important. Vous n'avez pas trop chaud ? », demande Sara. « Ah si je la sens bien la chaleur. Mais là ça va, j'ai un brumisateur et mes ventilateurs », répond le retraité. « Vous vous nourrissez bien ? », rebondit Jo Menut. « Oh je n'ai pas souvent faim. Mais si je veux je me fais une omelette sans problème ! »
Un lien social essentiel
Les questions sont simples pour s'assurer du bien-être des personnes visitées. « On s'installe avec elles, on discute, on s'assure qu'elles se nourrissent bien. On identifie les difficultés qu'elles subissent au quotidien puis on le signale au centre », assure Laurine. Sur son carnet, elle note : « Il ne peut plus accéder à sa baignoire, ne touche pas ses chèques taxis. Régis reste une personne entourée, notamment par son fils. Il reçoit la visite d'une infirmière matin et soir et une aide ménagère le samedi. Rien d'alarmant. »
Ces visites de trente minutes ne sont pas de simples contrôles. Elles permettent de détecter d'éventuelles difficultés, d'orienter les habitants vers les services adaptés et surtout, de rappeler qu'ils ne sont pas seuls. Pour le binôme, difficile de ne pas s'attacher. « On rend visite aux personnes qui sont généralement seules, éloignées ou coupées de leur famille. Parfois, nous sommes leur seul lien social. On tente de prendre nos distances mais ça nous fait un pincement au cœur », témoigne Sara.
Les deux étudiantes s'accordent sur le lien social indispensable pour les personnes âgées ainsi que pour elles. « Certaines personnes ont des vies compliquées et parfois se mettent à pleurer. On tente de les consoler, de changer de sujet. On sent que l'on apporte quelque chose aux gens », continue Sara. Un travail de longue haleine porté par le CCAS. Tout au long de l'année, les équipes permanentes renouvellent les inscrits et contactent les personnes de plus de 65 ans et isolées.



