Ce lundi 29 juin, plus aucun département français n'est en alerte rouge canicule, mais le système de santé reste très tendu. La gestion de la crise par le gouvernement, et en particulier par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, suscite de vives critiques, tant à droite qu'à gauche.
Un bilan humain lourd
Santé Publique France (SPF) a annoncé dimanche qu'un millier de décès supplémentaires sont survenus depuis mercredi par rapport à la mortalité des mois précédents, soit une surmortalité de 40 % sur la base de données provisoires. Les services d'urgence restent sous pression : à l'AP-HP, une baisse d'activité de 10 % a été constatée pour la première fois depuis le début de la canicule, mais le niveau reste élevé. À Toulouse, les appels au Samu ont augmenté de 30 % à 40 %, en partie à cause de la combinaison de la canicule et des festivités liées au titre du Stade Toulousain, avec un taux d'occupation des urgences de 163 %.
Des critiques politiques unanimes
Jean-Philippe Tanguy, député RN, a dénoncé « la politique lamentable depuis 20 ans des gouvernements concernant les épisodes de canicule » et a proposé un plan climatisation assorti d'un « prêt vert à 20 euros par mois » dont l'État prendrait en charge les taux d'intérêt. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, exige que « toute la lumière » soit faite sur « le bilan humain très lourd » et estime que « certains devront en tirer les conséquences politiques ». Édouard Philippe appelle à « aller plus vite et plus loin dans l'adaptation au réchauffement climatique », avec des mesures comme un plan de climatisation et la reconquête des espaces de baignade.
La ministre de la Santé sous pression
De nombreux patients se sont plaints de températures intenables dans les hôpitaux. Interrogée sur BFMTV, Stéphanie Rist a indiqué que la commande de climatiseurs pour les hôpitaux, passée en urgence pendant la canicule, devrait arriver « dans les prochains jours pour faire face à d'autres températures aussi extrêmes que ce que nous venons de vivre ». Cette réponse a été jugée insuffisante par l'opposition, qui dénonce un manque d'anticipation. La canicule se déplace désormais vers l'est de l'Europe, touchant l'Allemagne et la Pologne.



