Canicule dans l'Hérault : 43,9°C à Montpellier, le département en état d'alerte
Canicule Hérault : 43,9°C à Montpellier, alerte maximale

Mercredi 8 juillet 2026, un record de chaleur a été enregistré à Montpellier avec 43,9°C, plaçant le département de l'Hérault en situation de crise. La préfète Chantal Mauchet, en poste depuis décembre 2025, a fait le point sur les risques majeurs d'incendie, l'état de la ressource en eau et les moyens déployés pour protéger les populations vulnérables.

Risque incendie : une pression exceptionnelle sur les pompiers

« Les conditions climatiques sont exceptionnelles. On a deux à trois semaines d’avance sur le risque incendie », alerte Chantal Mauchet. Les pompiers de l’Hérault sont particulièrement sollicités depuis au moins 12 jours, avec des départs de feux multiples. Rien que dimanche, 30 départs de feu ont été recensés. Chaque jour, entre 500 et 800 pompiers sont mobilisés en intervention ou en sentinelle.

Le département bénéficie d’une bonne coordination entre les acteurs de la prévention : patrouilleurs, sapeurs-pompiers, forestiers sapeurs, l’Office national des forêts (ONF) et les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB). Les agriculteurs jouent également un rôle clé en tant que sentinelles dans les zones les plus inaccessibles, et peuvent mettre leurs citernes à disposition des pompiers. Au total, le département compte 859 sapeurs-pompiers professionnels et 4 276 volontaires.

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Appel à la libération des pompiers volontaires

Face à la pression intense sur le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), la préfète a demandé aux collectivités locales, entreprises et agriculteurs de libérer les sapeurs-pompiers volontaires pour assurer la relève. « Il y a une telle pression sur notre Sdis, très tôt dans la saison, qu’on a décidé de demander aux collectivités locales, entreprises ou aux agriculteurs, de libérer les sapeurs pompiers volontaires. Tous nos partenaires se mobilisent pour relayer cet appel. On a obtenu des résultats immédiatement, c’est vraiment précieux », explique-t-elle.

Concernant les moyens aériens, la préfète précise qu’ils sont nationaux. Depuis les grands feux de 2023, une stratégie nationale a été mise en place pour augmenter la capacité. L’État a alloué plus de 3 millions d’euros au Sdis pour le pacte capacitaire et l’achat de véhicules. « Un avion n’arrive pas du jour au lendemain, ils sont en commande. Il n’y a pas de pénurie d’interventions car le risque incendie est très localisé dans le sud de la France », ajoute-t-elle, notant de nombreux passages de Canadair sur le feu en cours à Carlencas.

Prépositionnement et carte météo risque incendie

Des dispositifs sont prépositionnés sur le terrain, avec neuf secteurs dégroupés selon leur sensibilité. Chaque soir, le Sdis et la direction départementale du territoire et de la mer évaluent le risque pour ajuster les mesures de régulation, restriction ou interdiction. Les paramètres pris en compte incluent la météo, la température, le vent, l’hygrométrie et la configuration du massif. Les communes informent les populations, placent des barrières et sensibilisent. Des sanctions sont appliquées en cas de non-respect, notamment pour le bivouac ou les feux.

Afflux touristique et gestes inconsidérés

La population de l’Hérault double en été avec 1,2 million de touristes, soit quasiment autant que la population résidente. « On voit, parfois, des gestes complètement inconsidérés », déplore la préfète, appelant à la vigilance.

Sécheresse : des restrictions d’eau renforcées

La situation de la ressource en eau est suivie chaque semaine. Le Biterrois commence à être très sec. Des seuils de restriction d’usage sont en vigueur pour les agriculteurs et les particuliers. Le département est passé en alerte renforcée sur les bassins-versants du Jaur, de l’Argent double et de la Cesse, situés à l’extrême ouest. L’alimentation en eau potable n’est pas encore menacée, mais « il peut y en avoir », prévient Chantal Mauchet.

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Agriculture : moissons et vendanges avancées

Les moissons sont avancées, tout comme les vendanges. La préfète s’est rendue lundi dans une propriété agricole à Vias avec les organisations professionnelles agricoles pour rappeler les précautions à prendre. En raison de la canicule, les récoltes doivent être effectuées dans des conditions strictes : de 20 heures à minuit et avant midi le lendemain, avec un bidon d’eau de plusieurs litres obligatoire, comme spécifié dans l’arrêté. Il est encore trop tôt pour évaluer les pertes de récolte, mais en 2025, cinq périodes de calamités agricoles ont été déclarées, un chiffre exceptionnel.

L’irrigation des zones agricoles est cruciale. L’État accompagne les initiatives locales comme les retenues collinaires et Aqua Domitia. « Nous avons un plan de planification de l’eau pour les besoins de la population et des professionnels. Les retenues collinaires sont une priorité réaffirmée dans la loi d’urgence agricole en cours de discussion », indique la préfète. Le conseil départemental est maître d’ouvrage de ces réalisations, et des financements complémentaires sont prévus. L’État favorise les retenues à usage collectif.

Protection des personnes vulnérables

Le département est en niveau orange canicule depuis samedi 4 juillet, ce qui a déclenché le plan Orsec très fortes de chaleur. Ce plan concerne les sans-abri mais aussi toutes les personnes vulnérables à leur domicile. La préfète a demandé aux maires d’activer le volet de suivi des personnes isolées dans leur plan communal de sauvegarde, avec des visites ou appels. Pour les sans-abri, l’État finance des maraudes supplémentaires. Samedi, Chantal Mauchet a participé à la tournée du Samu Social, avec une infirmière dans les binômes. Les communes mettent également des pièces rafraîchies à disposition avec des bénévoles.