Bien vieillir : un défi à préparer dès le plus jeune âge
« L’âge, c’est dans la tête ! » : cet adage populaire donne son titre au livre du professeur Bertrand Fougère, publié aux éditions Vuibert en mars 2026. Ce gériatre de la faculté de médecine et du CHU de Tours y développe un mantra simple mais puissant : « On finira tous par vieillir, autant s’y préparer jeune ». Il martèle que pour devenir un senior en bonne santé, il faut d’abord être un jeune en bonne santé, en adoptant des habitudes de vie saines dès le plus jeune âge.
Comprendre le vieillissement pour mieux l’appréhender
Bertrand Fougère rappelle que le vieillissement, comme toute existence, est fait de changements – travail, logement, activité physique. Bien vieillir consiste donc à s’y préparer et à savoir s’adapter. Dès 30 ans, la plupart des fonctions corporelles atteignent leur potentiel maximal, et le processus de vieillissement est déjà à l’œuvre. « La santé, c’est un peu comme un compte épargne : plus on commence tôt, plus on accumule de réserves », résume le spécialiste. Mais il n’est jamais trop tard pour agir, notamment en reprenant une activité physique, un levier essentiel pour vieillir en bonne santé.
Entretenir la mémoire : un enjeu crucial
Contrairement aux idées reçues, perdre la mémoire avec l’âge n’est pas une fatalité. Le cerveau continue de produire des neurones jusqu’à 90 ans, et travailler sa mémoire est essentiel. Des exercices d’apprentissage, comme mémoriser des passages de livres, et une vie sociale riche sont recommandés. Les troubles auditifs non appareillés peuvent aussi affecter la cognition, d’où l’importance de les traiter pour protéger la mémoire.
L’activité physique : un pilier de la santé
Pour lutter contre la prise de poids liée au vieillissement, une activité physique régulière et un régime méditerranéen avec un apport suffisant en protéines (1 à 1,2 g par kg de poids corporel) sont conseillés. Le sport, même en cas de douleurs comme l’arthrose, aide à maintenir la masse musculaire et l’autonomie. Il est recommandé de faire au moins 3 heures d’activité physique par semaine, en privilégiant la régularité.
Santé mentale et sommeil : des aspects à ne pas négliger
La dépression n’est pas une conséquence inéluctable du vieillissement. Anticiper les changements de vie, comme la retraite, et maintenir une vie sociale riche réduisent les risques. Pour le sommeil, des horaires réguliers et 7 à 8 heures de repos par nuit sont essentiels, même si la structure du sommeil évolue avec l’âge.
Briser les tabous sur la sexualité
Parler de sexualité et de vieillesse reste tabou, mais le désir n’a pas d’âge. Travailler sur les difficultés avec un partenaire ou un professionnel peut aider à maintenir une vie épanouissante. Vieillir, c’est aussi s’enrichir de nouvelles passions et relations, avec un sentiment de bonheur souvent maximal autour de 65 ans.
En somme, Bertrand Fougère invite à regarder le vieillissement avec douceur, en insistant sur la préparation et l’adaptation pour une vie longue et en bonne santé.



