À 57 ans, Adrien a découvert qu'il souffrait d'un trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et de dyslexie. Ce diagnostic tardif a été un véritable soulagement pour lui, comme il le raconte dans un témoignage bouleversant.
Un parcours scolaire chaotique
« J'ai eu plein de problèmes à l'école. Je suis de la génération X, né en 1968. Mes enseignants étaient de la génération précédente et ma mère a entendu : “De toute façon, votre fils est né en 1968, c'est irrécupérable.” Je me sentais différent, mais était-ce une vraie différence ou juste de l'orgueil ? Je n'étais pas un enfant agité mais dans la lune, contemplatif, toujours plongé dans ses livres », confie Adrien.
Au collège, il a complètement décroché. « Premier trimestre touché, deuxième trimestre touché, troisième trimestre coulé. On m'appelait “la savonnette” car on n'avait pas de prise sur moi. J'exaspérais tout le monde : dans les matières qui m'intéressaient, l'histoire, la géographie, la littérature, j'étais brillant, mais dans les autres, je décrochais totalement. »
Un diagnostic tardif mais libérateur
C'est après une rupture sentimentale qu'Adrien a consulté un psychiatre. « À chaque point que le psychiatre abordait, j'avais une anecdote d'enfance pour l'illustrer. Tout prenait sens. J'ai ressenti un soulagement immense, je n'étais donc pas fou. »
Le diagnostic de TDAH et de dyslexie a permis à Adrien de revisiter son parcours professionnel. « J'ai changé de métier plusieurs fois, je me suis toujours senti en décalage. Aujourd'hui, je comprends pourquoi. »
Un témoignage parmi d'autres
Ce récit s'inscrit dans une série de témoignages sur les neuroatypies découvertes tardivement. Après Loïc, 46 ans, diagnostiqué TDAH avec « traits autistiques », et Sandrine, 46 ans, autiste et HPI, Adrien apporte un éclairage nouveau sur les difficultés rencontrées par les adultes qui apprennent tardivement leur neuroatypie.
Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité peut être découvert après 40 ans, comme le montre ce cas. Les symptômes, souvent masqués par des stratégies de compensation, peuvent être confondus avec de la simple distraction ou de la paresse. Un diagnostic approprié permet de mettre en place des stratégies adaptées et d'améliorer la qualité de vie.
Adrien conclut : « Aujourd'hui, je me sens plus en paix avec moi-même. Je sais pourquoi j'ai fonctionné différemment toute ma vie. Ce n'est pas une maladie, c'est une différence. Et elle a ses forces. »
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