2 300 lits d'hospitalisation complète fermés en 2024
2 300 lits d'hospitalisation fermés en 2024

En 2024, la France a enregistré la fermeture de 2 300 lits d'hospitalisation complète dans les hôpitaux et cliniques, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees). Cette baisse, la plus importante depuis 2015, porte le nombre total de lits à environ 370 000, un niveau historiquement bas.

Une baisse continue depuis 2013

La capacité d'hospitalisation complète diminue chaque année depuis 2013, mais le rythme s'est accéléré en 2024. La Drees souligne que cette réduction concerne principalement les lits de médecine, chirurgie et obstétrique (MCO), qui ont perdu 1 800 lits. Les services de soins de suite et de réadaptation (SSR) et de psychiatrie ont également vu leur capacité réduite, respectivement de 300 et 200 lits.

Des fermetures liées à des contraintes financières

Selon la Drees, ces fermetures sont en grande partie dues à des difficultés de recrutement et à des contraintes budgétaires. Les établissements publics et privés non lucratifs sont les plus touchés, avec une perte de 1 500 lits, tandis que les cliniques privées ont fermé 800 lits. "La situation est préoccupante car elle intervient dans un contexte de demande croissante de soins", a déclaré un porte-parole de la Fédération hospitalière de France (FHF).

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Impact sur les urgences et les services de soins

La réduction du nombre de lits d'hospitalisation complète a des conséquences directes sur les services d'urgences, qui sont de plus en plus saturés. En 2024, le nombre de passages aux urgences a augmenté de 3 % par rapport à l'année précédente, mais le taux d'hospitalisation après passage aux urgences a diminué, faute de lits disponibles. Les patients sont parfois contraints d'attendre plusieurs heures, voire une journée, avant d'être hospitalisés.

Des disparités régionales marquées

Les fermetures de lits sont inégalement réparties sur le territoire. Les régions les plus touchées sont l'Île-de-France, avec 400 lits fermés, suivie de l'Auvergne-Rhône-Alpes (300 lits) et de la Nouvelle-Aquitaine (250 lits). À l'inverse, certaines régions comme la Bretagne et les Pays de la Loire ont enregistré une stabilité de leur capacité d'hospitalisation.

Des solutions pour endiguer la tendance

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé un plan de 1,5 milliard d'euros pour l'hôpital public, dont une partie sera consacrée à la création de nouveaux lits. Cependant, les professionnels de santé estiment que ces mesures sont insuffisantes. "Il faut non seulement des moyens financiers, mais aussi des actions fortes pour rendre les métiers hospitaliers attractifs", a souligné le docteur Jean-François Cibien, président de l'Association des médecins urgentistes de France (AMUF).

La Drees précise que les fermetures de lits d'hospitalisation complète s'accompagnent d'une augmentation des places d'hospitalisation de jour, qui ont progressé de 5 % en 2024. Cette évolution reflète une transformation des pratiques médicales, avec un recours accru à la chirurgie ambulatoire et aux soins sans hébergement. Toutefois, cette tendance ne compense pas la réduction des capacités d'hospitalisation complète, indispensable pour les patients les plus graves.

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