Montpellier : l'Église s'indigne après la profanation de la cathédrale Saint-Pierre
Profanation de la cathédrale de Montpellier : l'Église s'indigne

Un événement festif tourne au scandale religieux

Dans un communiqué de presse vibrant d'indignation, l'archevêque de Montpellier, Norbert Turini, a exprimé sa profonde consternation suite aux événements survenus mardi soir dans la préfecture de l'Hérault. Ces faits, qui se sont déroulés en présence des forces de l'ordre restées sans intervention immédiate, choquent aujourd'hui profondément les fidèles et les habitants de la ville.

Le Karnaval des gueux au cœur de la polémique

Le Karnaval des gueux, un rassemblement annuel autoproclamé « fête subversive et parfaitement désorganisée » qui existe depuis 1995, a réuni environ 400 personnes dans le centre-ville de Montpellier. Cette édition a été particulièrement marquée par l'inscription de tags sur la cathédrale Saint-Pierre et l'incendie de plusieurs palettes devant l'édifice religieux.

« Des individus se sont permis de souiller les portes et les murs de notre lieu de culte le plus central », s'offusque l'évêché dans son communiqué. La cathédrale, qui doit accueillir ce dimanche des adultes pour leur baptême lors d'une célébration particulière, se trouve ainsi déconsidérée selon les représentants religieux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une symbolique particulièrement douloureuse

L'Église souligne avec amertume la portée symbolique de ces actes, survenus en ce premier jour du Carême, alors que la communauté chrétienne tout entière entre dans le chemin de la conversion et de la paix. « Outre le geste, sa portée symbolique interroge profondément », insiste le diocèse.

Mais au-delà des dégradations matérielles, c'est l'attitude des forces de l'ordre, présentes sur place sans intervenir pour empêcher ces actes, qui froisse particulièrement les représentants de l'Église. Face à cette situation, le diocèse de Montpellier a décidé de saisir la justice afin que toute la lumière soit faite sur les motivations de ces actes et sur l'inaction des services d'ordre présents.

La réponse des autorités préfectorales

Sur les réseaux sociaux, la préfecture de l'Hérault a réagi ce jeudi à ces accusations. Dans sa défense, l'institution explique que concernant le feu de palettes devant la cathédrale, le choix tactique a été de prendre en compte le risque pour les personnes présentes d'une intervention offensive des forces de l'ordre.

Les policiers ont néanmoins protégé les sapeurs-pompiers lorsque ces derniers sont intervenus pour éteindre l'incendie des palettes. De plus, les forces de l'ordre sont intervenues lorsque cinq feux de poubelle ont été allumés au fil du cortège.

La préfète, Chantal Mauchet, apporte son soutien sans réserve au « commissaire en charge de l'ordre public sur place [qui] a pris les décisions adaptées ». Elle condamne fermement cet incendie et les dégradations qui ont eu lieu sur l'édifice religieux, propriété de l'État, pour lesquelles elle annonce avoir déposé plainte.

Un rassemblement au lourd passé

Le Karnaval des gueux, rassemblement annuel à Montpellier depuis 1995, a déjà été marqué par des épisodes violents lors des éditions précédentes. Des affrontements avec la police et des dégradations dans le centre historique de l'Écusson ont conduit à la mise en place d'un dispositif de sécurité adapté pour cette manifestation.

L'Église, quant à elle, attend désormais des autorités compétentes qu'elles assurent pleinement la protection des lieux de culte et la sérénité des croyants, dans une ville où la coexistence religieuse et la préservation du patrimoine sont des enjeux majeurs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale