Dans un entretien accordé au Point, Margaux Cassan, professeure de philosophie et autrice, défend l'idée que la religion, loin d'être un frein à la connaissance de soi, offre une véritable « grammaire » pour comprendre et habiter son corps. Selon elle, « l'une des vertus de la religion est de donner du sens au corps », une perspective qui s'oppose aux visions réductrices, notamment celle du transhumanisme.
Une critique du transhumanisme et de la vision utilitaire du corps
Margaux Cassan dénonce la tendance contemporaine à considérer le corps comme un simple outil ou une machine à optimiser. Elle rappelle que, dans la tradition chrétienne, le corps est « le temple de l'Esprit », une notion qui lui confère une dignité intrinsèque. Cette approche contraste avec l'idéologie transhumaniste qui vise à « augmenter » l'humain, souvent au prix d'une négation de sa finitude et de sa vulnérabilité.
L'autrice souligne que cette vision utilitaire du corps conduit à une forme de « désincarnation » : on cherche à échapper à la réalité charnelle, à la douleur, au vieillissement, au lieu d'en faire une expérience spirituelle et morale. Pour elle, la religion offre au contraire un cadre pour « réintégrer le corps dans une histoire plus grande », celle du salut, de la rédemption ou de la résurrection.
Un retour aux sources de la philosophie et de la spiritualité
Margaux Cassan, qui se définit comme « catholique » et « conservatrice », plaide pour un retour aux textes et aux traditions. Elle cite notamment saint Paul et saint Augustin pour illustrer la richesse de la pensée chrétienne sur le corps. Selon elle, cette pensée a été « occultée » par la modernité et le rationalisme, qui ont réduit le corps à un objet de science et de technique.
Elle appelle à une « réconciliation » entre la foi et la raison, entre la spiritualité et l'intelligence. Loin d'être un « obscurantisme », la religion serait une « lumière » pour comprendre l'humain dans sa totalité. Cette position s'inscrit dans un débat plus large sur la place de la religion dans l'espace public et sur la laïcité, que l'autrice aborde avec nuance.
Une invitation à la réflexion et au débat
L'entretien de Margaux Cassan au Point ne manquera pas de susciter des réactions, tant ses positions sont tranchées et éloignées du consensus médiatique. Elle invite chacun à « oser penser » et à « ne pas avoir peur de la vérité », quitte à bousculer les idées reçues. Pour elle, la religion n'est pas une « opium du peuple », mais une « force de libération » qui permet à l'individu de se dépasser et de trouver un sens à sa vie.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les questions éthiques liées au corps (bioéthique, GPA, transhumanisme) sont au cœur des débats de société. En rappelant l'apport des traditions religieuses, Margaux Cassan apporte une contribution originale à la réflexion, même si ses thèses restent discutables pour beaucoup. La philosophe conclut en affirmant que « le corps n'est pas un problème à résoudre, mais un mystère à contempler », une formule qui résume sa pensée.



