Qu'est-ce que le chiisme ?
Le chiisme est l'un des deux principaux courants de l'islam, avec le sunnisme. Il représente environ 15 % des musulmans dans le monde, soit près de 200 millions de fidèles. Les chiites se distinguent par leur croyance en la lignée des imams, descendants du prophète Mahomet par sa fille Fatima et son gendre Ali.
Quelles sont les origines du chiisme ?
La naissance du chiisme remonte à la mort du prophète Mahomet en 632. Un désaccord survient sur sa succession : une partie des musulmans estime que le califat doit revenir à Ali, cousin et gendre du Prophète, tandis que d'autres optent pour Abou Bakr, compagnon de Mahomet. Ce clivage politique donne naissance au chiisme (partisans d'Ali) et au sunnisme.
Quels sont les piliers du chiisme ?
Les chiites partagent avec les sunnites les cinq piliers de l'islam (profession de foi, prière, jeûne, aumône, pèlerinage). Cependant, ils y ajoutent le concept d'imamat : la croyance en douze imams infaillibles, guides spirituels et politiques de la communauté. Le douzième imam, Muhammad al-Mahdi, est considéré comme caché et reviendra à la fin des temps.
Les pratiques spécifiques
Les chiites pratiquent le taqiyya (dissimulation de la foi en cas de danger) et le muta (mariage temporaire). Ils accordent une importance particulière au deuil de l'imam Hussein, petit-fils du Prophète, martyr à Kerbala en 680. Cette commémoration, l'Achoura, est marquée par des processions et des autoflagellations.
Où vivent les chiites ?
L'Iran est le principal pays chiite (90 % de la population). L'Irak, le Bahreïn, l'Azerbaïdjan et le Liban comptent d'importantes minorités chiites. En Afghanistan, au Pakistan, en Inde et en Arabie saoudite, des communautés chiites existent, souvent marginalisées.
Quels sont les enjeux contemporains ?
Les tensions entre chiites et sunnites alimentent des conflits régionaux, notamment au Moyen-Orient. L'Iran soutient des mouvements chiites au Liban (Hezbollah), en Irak, au Yémen (Houthis) et en Syrie. La rivalité avec l'Arabie saoudite, leader sunnite, exacerbe ces divisions. Le dialogue interreligieux reste fragile, mais des initiatives de rapprochement existent.



