La chapelle des Pénitents de Béziers est confrontée à une série de cambriolages sans précédent. En l’espace de 22 jours, six vols ont été commis, plongeant la paroisse dans l’incompréhension et la consternation.
Des vols à répétition
Le premier incident s’est produit le 24 avril en pleine journée. Bernard Dartiguelongue, bénévole à la paroisse du centre-ville, découvre alors que l’un des trois troncs de la chapelle a été fracturé. Le dernier cambriolage a eu lieu le 15 mai, jour de l’Ascension. Entre-temps, quatre autres vols ont été perpétrés.
Un tronc inviolable forcé au burin
Le tronc visé, encastré dans le mur, est un modèle professionnel censé être inviolable, acheté 500 euros. Selon Bernard Dartiguelongue, il a fallu utiliser un burin pour le forcer. « Ça ne peut pas être des enfants », affirme-t-il, soulignant la détermination des malfaiteurs.
Les sommes dérobées restent modestes, « quelques dizaines d’euros par jour au maximum », précise le Père Dussel, archiprêtre de Béziers. Mais au-delà des pertes matérielles, ces actes sont vécus comme une profanation.
Un symbole fort pour les fidèles
« Ces actes inacceptables sont aussi une profanation de la maison de Dieu », déclare le Père Dussel. Les offrandes volées proviennent des cierges allumés par les fidèles et des dons. Elles servent à financer l’achat de bougies et les frais de fonctionnement des paroisses (eau, électricité, gaz). Une partie contribue également aux salaires des prêtres, une dizaine en exercice à Béziers. Le Denier de l’Église, qui débutera en juin, participe aussi à cette charge.
Des mesures de sécurité renforcées
Depuis le premier cambriolage, Bernard Dartiguelongue passe deux fois par jour pour récupérer les offrandes, contre une seule auparavant, afin de limiter les pertes. Une caméra de surveillance intérieure, qui ne fonctionnait plus depuis longtemps, a été réparée. Le Père Dussel va déposer plainte, et le bénévole prévoit de remplacer les troncs par des modèles plus robustes.
Malgré ces mesures, l’incompréhension demeure. « On fonctionne sur le respect et la confiance. Nos églises sont ouvertes en journée, on les entretient pour que les gens puissent prier, et des malotrus viennent casser les troncs », déplore l’archiprêtre. Un bénévole s’est même fait voler les clés de la sacristie par un individu qui lui demandait des informations.
La paroisse espère que ces incidents cesseront et que la quiétude pourra revenir dans ce lieu de recueillement.



