Inceste : le président de Mouv'Enfants témoigne après deux tentatives de suicide
Inceste : un militant témoigne après deux tentatives de suicide

Inceste : un militant brise le silence après deux tentatives de suicide

Arnaud Gallais, président de l'association Mouv'Enfants, a livré un témoignage poignant sur les conséquences dévastatrices des violences sexuelles subies dans l'enfance. Victime d'inceste, ce militant de 44 ans a révélé avoir effectué deux tentatives de suicide au mois de février, mettant en lumière l'urgence d'une action politique et judiciaire renforcée.

Une lettre lue à l'Assemblée nationale

Devant la commission d'enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales, une membre de Mouv'Enfants, Suzanne Frugier, a lu la lettre d'Arnaud Gallais. « Si je suis absent, ce n'est pas par désintérêt, c'est parce qu'entre le 7 et le 22 février j'ai fait deux tentatives de suicide », a-t-il expliqué, soulignant que son absence physique ne traduisait aucun manque d'engagement.

Dans ce texte, le président de l'association a insisté sur une vérité souvent occultée : « les violences sexuelles sur les enfants tuent parfois lentement, parfois silencieusement, parfois des années après ». Il a dénoncé avec force « le silence et l'inaction » de la société face à ce fléau, qualifiant l'inceste de « bombe dans une vie » plutôt qu'un simple concept abstrait.

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Des chiffres alarmants et un système défaillant

Arnaud Gallais a pointé du doigt les dysfonctionnements du système judiciaire, citant des statistiques édifiantes : seulement 3% des agresseurs sont condamnés, et moins de 1% dans les cas d'inceste. « On nous parle souvent de justice mais regardons les chiffres », a-t-il martelé, décrivant un « système qui épuise » les victimes « jusqu'à l'effondrement ».

Ancien membre de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), il a également critiqué les querelles internes au sein de cette structure, les silences gênés et une dilution politique qui entravent la lutte contre ces violences.

Un appel à l'action urgente

Le militant a exhorté la commission parlementaire à ne pas être tiède et à poser les vraies questions :

  • Pourquoi si peu de condamnations ?
  • Pourquoi tant de classements sans suite ?
  • Pourquoi tant d'expertises maltraitantes ?
  • Pourquoi tant de zones grises juridiques ?

Il a rappelé l'ampleur du scandale sanitaire et politique, avec 40% des victimes souffrant d'addictions, 40% des femmes présentant des troubles gynécologiques, et des milliers de vies fracturées à jamais. « C'est un échec collectif », a-t-il conclu, appelant à une mobilisation générale.

Selon les données de la Ciivise, environ 160 000 mineurs sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, un chiffre qui souligne l'urgence d'une réponse coordonnée et efficace.

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