Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a exprimé ce lundi 17 mai 2026 le souhait de voir les crimes commis sur des mineurs devenir imprescriptibles. Cette déclaration, faite lors d'un déplacement dans un centre de protection de l'enfance, marque une volonté politique forte de renforcer la lutte contre les violences faites aux enfants.
Une proposition choc pour briser le silence
Selon Gérald Darmanin, l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs permettrait de lever un obstacle majeur à la libération de la parole des victimes. « Trop souvent, les victimes mettent des années, voire des décennies, à parler. Le délai de prescription ne doit pas être une barrière à la justice », a-t-il déclaré.
Actuellement, en France, les crimes sexuels sur mineurs sont prescrits après 20 ans à compter de la majorité de la victime. Cette règle a été critiquée par de nombreuses associations de défense des droits de l'enfant, qui estiment qu'elle empêche de nombreux procès.
Un débat juridique et éthique
La proposition de Darmanin ouvre un débat complexe. D'un côté, les partisans de l'imprescriptibilité y voient une avancée majeure pour la protection des enfants. De l'autre, des voix s'élèvent pour souligner les difficultés pratiques : la preuve devient plus difficile à établir avec le temps, et le droit à un procès équitable pour les accusés pourrait être compromis.
Le garde des Sceaux a précisé que cette mesure s'inscrirait dans le cadre plus large de la réforme de la justice des mineurs qu'il entend porter. Des consultations avec les professionnels de la justice et les associations seront lancées dans les prochaines semaines.
Réactions mitigées
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs associations, comme La Voix de l'Enfant, ont salué une « avancée historique ». À l'inverse, certains magistrats s'interrogent sur la faisabilité technique. « L'imprescriptibilité est une arme à double tranchant. Elle peut donner l'illusion d'une justice parfaite, mais elle pose des problèmes de preuve et de droits de la défense », a commenté un juge d'instruction sous couvert d'anonymat.
Le débat promet d'être vif au Parlement, où la majorité présidentielle semble divisée sur la question. Une mission d'information parlementaire pourrait être créée pour étudier la proposition.



