« Une association de solidarité sur trois est menacée de disparition » : Pascal Brice, le président de la Fédération nationale des acteurs de la solidarité (Fas), a rencontré les associations du secteur social en Lozère. Il était accompagné de Michel Bouquet, le président régional.
Un déplacement au cœur des enjeux ruraux
Pascal Brice, président national de la Fas, s’est rendu en Lozère les mercredi 6 et jeudi 7 mai 2026 pour échanger avec les associations adhérentes. L’occasion de souligner l’importance de leur coopération quotidienne et de faire le point sur les difficultés rencontrées.
Pourquoi cette visite en Lozère ?
« Ce sont des déplacements que je fais très régulièrement un peu partout en France, pour être auprès des associations adhérentes de la Fas et rencontrer les pouvoirs publics locaux, explique Pascal Brice. Cela me permet de m’imprégner des politiques de solidarité et de ce qui se vit ici, du côté des personnes accueillies, des professionnels et des bénévoles. Ensuite, je répercute tout cela dans mon travail national auprès des pouvoirs publics nationaux. »
Un programme chargé
Pendant ces deux jours, le président de la Fas a prévu de rencontrer les associations et leurs principaux acteurs : présidences, bénévoles, directeurs, travailleurs sociaux, mais aussi des personnes accompagnées. Une réunion de travail avec le Département, acteur majeur de la politique sociale, est également au programme. « Le monde associatif a besoin de se serrer les coudes, de marquer sa force, d’être à l’écoute de la société et d’ouvrir des perspectives », insiste-t-il.
Les spécificités de la Lozère
Pascal Brice s’intéresse particulièrement aux particularités du département, notamment l’isolement et les problèmes de mobilité, très présents en milieu rural. « La pauvreté et la précarité n’ont jamais été aussi élevées en France depuis trente ans, et notamment dans le monde rural. C’est ce que je viens recueillir ici », déclare-t-il.
Une précarité record et des coupes budgétaires inquiétantes
La précarité atteint des niveaux inédits, tandis que l’État réduit ses aides. « Dix millions de personnes en France sont en situation de pauvreté aujourd’hui. Le repli des politiques publiques frappe directement les associations. Partout en France, une association de solidarité sur trois est menacée de disparition », alerte Pascal Brice.
Des associations en première ligne
Ces associations accompagnent les personnes dans la rue, les hébergent, les aident à trouver un emploi. Leur disparition aurait des conséquences dramatiques. « C’est un énorme problème pour les personnes, pour la tranquillité publique et collective », prévient-il. Il appelle à moderniser et restructurer le secteur associatif pour assurer sa pérennité.
La coopération, une force à amplifier
Point positif en Lozère : les associations travaillent déjà beaucoup ensemble. « C’est une force extraordinaire dont nous avons besoin, tout particulièrement dans la période actuelle », souligne Pascal Brice. Il encourage à amplifier les coopérations, à mutualiser les moyens et à inventer de nouvelles formes d’accompagnement. « Il faut que le monde associatif dialogue avec l’État, qu’il lui propose des choses. Il faut être dans la capacité à inventer collectivement. »



