Safaa, 23 ans : bénévole dans une cantine solidaire parisienne, témoigne de la précarité étudiante
Safaa, bénévole dans une cantine solidaire, témoigne

À Paris, la précarité étudiante ne cesse de s'aggraver. Safaa, 23 ans, étudiante en master de droit, consacre plusieurs heures par semaine à une cantine solidaire du 14e arrondissement. Elle témoigne : « On est tous étudiants et pourtant certains galèrent à manger correctement. »

Un constat alarmant

Chaque jour, des dizaines d'étudiants se pressent devant la petite cantine située près de la place Denfert-Rochereau. Safaa, qui y est bénévole depuis un an, observe une hausse constante de la demande. « Au début, on servait une trentaine de repas par service. Maintenant, on en est à plus de soixante-dix », explique-t-elle.

Les profils sont variés : des étudiants boursiers, mais aussi des jeunes qui travaillent à côté de leurs études. « Beaucoup ont un job étudiant, mais avec le coût de la vie à Paris, leur salaire ne suffit pas toujours à couvrir le loyer et l'alimentation », ajoute-t-elle.

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Des repas chauds et équilibrés

La cantine propose des repas complets pour 2 euros, préparés par des cuisiniers bénévoles. Safaa s'occupe de l'accueil et de la distribution. « On essaie de créer une ambiance conviviale, que les étudiants se sentent soutenus. »

Pour elle, cette expérience est enrichissante : « Ça me fait réaliser à quel point la solidarité est importante. On est tous dans la même galère, mais on peut s'entraider. »

Une précarité qui touche toutes les filières

Safaa constate que la précarité ne concerne pas seulement les filières littéraires. « Même en droit, en médecine, certains sont en difficulté. Les bourses ne suffisent pas, et les jobs étudiants sont de plus en plus précaires. »

Elle regrette que le sujet soit encore tabou. « Beaucoup d'étudiants ont honte de venir. Ils pensent que c'est réservé aux plus démunis. Mais non, la précarité peut toucher tout le monde. »

Un appel à la solidarité

La cantine fonctionne grâce aux dons et aux bénévoles. Safaa lance un appel : « Si vous avez un peu de temps, venez nous aider. Et si vous êtes étudiant en difficulté, n'hésitez pas à pousser la porte. On ne juge pas, on est là pour vous. »

Elle espère que des initiatives similaires se développeront dans d'autres quartiers. « Il y a une vraie demande. Les étudiants ont besoin de soutien, et pas seulement alimentaire. Un repas chaud, c'est aussi un moment de réconfort. »

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