Précarité dans l'arrière-pays vençois : une collégienne alerte sur la détresse de ses parents
Précarité : une collégienne alerte sur la détresse de ses parents

Une famille de l'arrière-pays vençois plongée dans la précarité

Une enfant de 12 ans a récemment confié à l'assistante sociale de son collège qu'elle se faisait du souci pour ses parents. « Elle disait qu'elle voyait bien que ses parents ne mangeaient pas autant qu'elle et son frère, et qu'ils ne s'achetaient plus d'habits », raconte Claude Stromboni, bénévole du Secours populaire à Vence, vers qui l'assistante sociale a orienté la famille.

Des frais d'essence insurmontables

En discutant avec les parents, la bénévole a compris que leur situation était aggravée par les coûts de transport. « Comme ils habitent dans l'arrière-pays vençois, ils ont des frais d'essence qui ont augmenté », explique-t-elle. Le couple possède deux voitures : une pour le père, qui travaille, et une pour la mère, qui ne travaille pas mais conduit chaque jour les enfants au collège et au lycée, faute de transport scolaire dans leur village. Chaque trajet représente 30 à 40 kilomètres par jour.

La situation du père est particulièrement touchante : « Le papa m'a dit qu'il n'avait plus qu'un pantalon, et qu'il ne pouvait pas le laver parce que s'il n'était pas sec, il ne pouvait pas aller au travail le lendemain », témoigne Claude Stromboni, bouleversée.

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L'aide du Secours populaire

Le Secours populaire a pris en charge la famille avec une aide alimentaire. « Cela ne correspond pas à ce qu'il faut pour faire manger quatre personnes pendant une semaine, mais ça leur permet de dépenser moins pour manger », précise la bénévole. La famille a également accès à une boutique de vêtements d'occasion à Vence, où des vêtements neufs sont vendus à prix réduits.

Claude Stromboni s'inquiète de la tendance : « Ces derniers temps, on entend beaucoup parler de gens qui ont des problèmes de déplacement, ou qui ont plus de difficultés à cause de l'augmentation du prix de l'essence. Mais là, je trouve que c'est grave que ce soient les enfants qui donnent l'alerte… » La bénévole a redirigé la famille vers les services sociaux pour vérifier leur éligibilité à des aides, notamment un logement social, car leur loyer est élevé malgré leur situation.

« Avoir un emploi ne protège plus de la précarité »

Jean Stellittano, secrétaire général du Secours populaire des Alpes-Maritimes, a partagé cette histoire sur les réseaux sociaux. « Derrière cette histoire, il y a une réalité : aujourd'hui, avoir un emploi ne protège plus forcément de la précarité. Un salaire au SMIC, une voiture contrainte, un loyer, deux enfants, et l'équilibre peut basculer à tout moment », écrit-il. Il souligne le courage de l'enfant : « Ce qui me touche le plus ? C'est cette enfant qui a trouvé le courage de demander de l'aide pour ses parents. Parce qu'à 12 ans, on ne devrait pas avoir à porter ça. »

Il conclut : « Les bénévoles du Secours populaire sont là sans jugement, avec humanité, dans la durée. Pour que cette famille sache qu'elle n'est plus seule. Et pour que cette petite fille puisse retourner au collège un peu plus apaisée. »

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