Ce samedi, la Ville de Paris a annoncé « la mise à l’abri de l’ensemble des 253 personnes installées devant la mairie de Paris Centre ». Ces migrants, pour la plupart, s’étaient installés là après « l’évacuation forcée » par l’Etat d’un campement dans l’enceinte du Samu social.
Un campement dans le Marais abritait environ 400 personnes
Ce campement, situé devant la mairie du quartier touristique du Marais, abritait quelque 400 personnes, dont des étrangers en situation régulière et des sans-papiers. Certains d’entre eux avaient déjà été évacués, il y a plus d’une semaine, d’un camp de fortune du Samu social, dans le 13e arrondissement.
Dans un communiqué, on apprend qu’ils seront désormais hébergés « au sein de gymnases de la Ville, jusqu’à ce que les services de l’Etat, dont c’est la responsabilité légale et morale, leur proposent une solution pérenne ».
« Un véritable soulagement » pour les familles, selon MSF
Un engagement qu’approuvent les associations, ces dernières fustigeant régulièrement le manque d’hébergement d’urgence dans la capitale. « C’est un véritable soulagement pour ces familles dont l’état de santé ne cessait de se dégrader », a déclaré Méryl Sotty, porte-parole de Médecins sans frontières (MSF), dont les équipes ont effectué sept interventions depuis mi-juillet sur le campement du Samu social puis devant la mairie de Paris Centre.
Mi-août, le campement installé sur le site du Samu social, qui avait rassemblé jusqu’à 450 sans-abri, a été évacué par les forces de l’ordre. « Toutes les personnes ont reçu une proposition d’hébergement », mais « certains occupants n’ont pas souhaité bénéficier des solutions proposées et se retrouvent désormais à la rue, en pleine canicule », avait alors indiqué la préfecture de police.
L'Etat appelé à ouvrir plus de places
Les autorités avaient justifié cette décision en raison notamment de la proximité du campement avec la route et un trafic « particulièrement dense ». Avaient également été prises en compte des « conditions d’hygiène et de sécurité » devenues « particulièrement préoccupantes » avec un « accès totalement insuffisant à l’eau et aux toilettes ».
Mais le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, « refuse que des familles et des enfants soient remis à la rue sans solution ». Il assure donc avoir pris ses « responsabilités » avec décision. « Je ne peux pas accepter que Paris se substitue indéfiniment à l’État, alors même que l’hébergement d’urgence relève de sa responsabilité et que 300 places ont été récemment supprimées », souligne-t-il.
« Cette occupation n’est toutefois pas un cas isolé. L’Etat doit prendre ses responsabilités sur l’hébergement d’urgence et ouvrir plus de places pour les personnes qui survivent à la rue », ajoute Méryl Sotty de MSF.



