Caroline Céard, 50 ans, adjointe technique territoriale, a été élue première adjointe au maire de Six-Fours à l'issue du conseil municipal de ce samedi. Elle remplace Carolyn Salva, évincée sur décision du maire au motif de « divergences sur la conduite des affaires municipales ». Cette décision fait suite au retrait de ses délégations à Carolyn Salva le 13 août dernier.
Une éviction actée par le conseil municipal
Le maire de la sixième ville du Var, Frédéric Boccaletti, a fait valider par le conseil municipal le non-maintien de Carolyn Salva dans ses fonctions de première adjointe. Depuis l'installation de la nouvelle majorité, le 27 mars dernier, Caroline Céard occupait la fonction de 3e adjointe au maire, déléguée à l'urbanisme. Elle est désormais promue à ce poste clé.
« Le fonctionnement du binôme exécutif ne permettait plus d'assurer l'efficacité attendue au service des Six-Fournais », a déclaré le premier magistrat, ajoutant qu'il s'en est « expliqué avec Mme Salva lors d'un rendez-vous qui a eu lieu le 13 août ». Une entrevue à l'issue de laquelle il a retiré ses délégations (affaires sociales et solidarités) à cette élue.
Vives critiques de l'ancien maire
Cette décision a suscité une longue intervention de l'ex-maire Jean-Sébastien Vialatte. Il a notamment souligné qu'« en trente ans, nous n'avons jamais connu un seul incident avec un élu. Premier adjoint n'est pas une fonction attribuée au hasard ; c'est une personne en qui le maire place sa confiance pour le suppléer en cas d'empêchement ». Il a également interrogé : « Comment avez-vous pu vous tromper à ce point sur un choix aussi engageant ? Quelles sont les raisons de son éviction ? Et pourquoi le conseil municipal prend-il cette décision durant les congés de l'intéressée ? Qu'est-ce qui vous empêchait d'attendre son retour pour que nous puissions entendre les deux versions avant de voter ? »
L'ancien maire a aussi rappelé que Carolyn Salva, présidente de l'association Attrap'Rêves (reconnue d'intérêt général), ancien agent du CCAS de la commune, n'avait « jamais adhéré au RN ». Il a affirmé : « Dans une élection qui s'est jouée à 22 voix, personne ne peut prétendre que sa présence sur votre liste - et sa présentation comme future 1ère adjointe en cas de victoire – n'a pas eu d'incidences ».
La réponse du maire et les échanges houleux
Devant près de deux cents personnes présentes pour assister au conseil municipal organisé à l'Espace Malraux, les élus de la majorité ont unanimement voté le remplacement de Carolyn Salva par Caroline Céard. « Entre un maire et son premier adjoint, a répondu Frédéric Boccaletti, il faut une totale confiance. Ce n'était plus le cas ». Il a également évoqué un précédent : « Vous dites qu'il n'y a pas de précédent à Six-Fours, mais à La Seyne, Mme Bicais s'est débarrassée de son 1er adjoint, Mr. Colin, et vous vous en êtes même félicité. Ce qui vaut pour un maire LR ne vaut pas pour un maire RN ? »
Concernant le vote en l'absence de l'intéressée : « Mme Salva avait tout loisir de faire une déclaration après notre entretien du 13 août. Elle a choisi de ne pas le faire », a-t-il ajouté. Enfin, le maire a indiqué que « la nouvelle première adjointe conserve les délégations qu'elle occupait jusque-là. Et le 21 septembre, nous présenterons une délibération pour élire une nouvelle adjointe à qui seront attribuées les délégations qu'avait Mme Salva ».
Lors de la séance, le premier magistrat et son prédécesseur ont multiplié les échanges houleux. Au point que Frédéric Boccaletti a, à plusieurs reprises, rappelé à l'ordre son opposant qui prenait la parole sans la demander ou s'exprimait alors que son micro était coupé. Jean-Sébastien Vialatte a également interpellé Frédéric Boccaletti sur le fait que « des familles se sont émues qu'un agent de la mairie s'occupant des enfants a été entendu par la police nationale. Pouvez-vous confirmer et dire pourquoi ? » « Non, je ne peux pas confirmer car je n'ai pas d'information sur les enquêtes en cours », a répondu le maire. Et l'ex-édile de relancer : « Donc vous ne savez pas ce qu'il se passe au centre aéré ! » « À ma connaissance, il ne se passe rien de particulier », a répliqué le premier magistrat avant de mettre en cause son prédécesseur sur un autre sujet : « Dites aux Six-Fournais à quoi cela correspond le repas traiteur à 7500 euros pour 80 personnes que vous avez organisé le 18 juin 2025. Pour ma part, j'enverrai ça au procureur de la République ! » « Vos menaces me laissent de marbre », a rétorqué Jean-Sébastien Vialatte.



