Ce samedi 15 août, environ 200 manifestants ont défilé en pleine Feria dans le centre-ville de Béziers pour demander l'abolition de la corrida et, dans un premier temps, la fin de son financement public. Organisée par le Comité de Liaison Biterrois pour l'Abolition de la Corrida (Colbac), la marche s'est achevée par un happening devant la mairie de Béziers.
Un cortège déterminé à bousculer les traditions taurines
Dès 15 h, les militants se sont regroupés au parc de la Gare du Nord. Sophie Maffre-Baugé, présidente du Colbac, a lancé dans son mégaphone : « Aujourd'hui notre hymne sera : oui à la Feria, non à la corrida ». Le cortège a traversé le centre-ville en remontant l'avenue Clemenceau, scandant des slogans comme « Tauromachie, pompe à fric » ou « École taurine, fermer le robinet ».
Parmi les participants, Charlotte Cassan est venue de Perpignan avec quatre amis : « Nous faisons le déplacement de Perpignan car il s'agit d'une des plus grosses manifestations contre la corrida. Béziers est une des villes qui la promeut le plus ». Le Parti Animaliste, Peta et le Collectif de vétérinaires pour l'abolition de la corrida (Covac) étaient également présents. Le Covac avait remis un rapport le matin même.
Le financement public au cœur de la contestation
Les manifestants dénoncent les moyens techniques mis à disposition des arènes par la Ville, à hauteur de 108 348 €. Sophie Maffre-Baugé a expliqué : « Le thème d'aujourd'hui c'est de montrer la dépendance de la tauromachie à l'argent public. C'est une utilisation scandaleuse ». Elle a également critiqué le maire Robert Ménard : « Il dit qu'il n'aime pas la corrida mais il sert le lobby de la tauromachie. Un petit milieu qui compte peu de personnes mais qui est puissant ».
Une déambulation entre altercations et soutiens
À l'arrivée sur les allées Paul-Riquet, l'ambiance s'est tendue lorsque le cortège a croisé fêtards et aficionados. Un opposant a lancé : « On s'en fout ils sont 500 et nous, on est 1,2 million ». Malgré des insultes, souvent misogynes, et des altercations, les manifestants ont résisté, suivant la consigne de ne pas réagir aux provocations. Sophie Maffre-Baugé a souligné : « On impose un débat public sur la cruauté de la corrida ». Des signes d'encouragement, comme des applaudissements et des sourires, ont été visibles, montrant que des anticorridas amoureux de la Feria existent bel et bien.



