Ce jeudi 15 octobre, dans le centre-ville d'Alès, dans le Gard, une journée est consacrée à ceux qui accompagnent un proche malade, âgé et dépendant, ou en situation de handicap. Piloté conjointement par le Département et Filieris, avec le soutien du centre communal d'action sociale (CCAS), cet événement a pour vocation de « sensibiliser le grand public sur la situation de l'aidant », explique Vanessa Juhel, la responsable du pôle prévention pour Filieris, et d'aider « les personnes à se reconnaître comme aidants ». Et, bien sûr, d'accompagner ces personnes qui, au quotidien, soutiennent un proche malade, handicapé ou en perte d'autonomie.
Un programme autour d'une scène et de petits salons conviviaux
L'après-midi est ouvert à tous, gratuitement, au sein de l'espace Cazot, situé dans la rue éponyme du centre-ville d'Alès. Après les allocutions d'introduction qui auront lieu sur les coups de 13 heures, la Compagnie des Autres prendra le relais une demi-heure plus tard en proposant deux saynètes inspirées du quotidien des proches aidants. Une manière de lancer la réflexion sur l'isolement de l'aidant et les relations familiales face à l'accompagnement d'un proche et d'ouvrir ensuite le dialogue au sein de l'assistance.
Ce forum improvisé terminé, tout un chacun pourra ensuite, à partir de 15 h 30, aller à la rencontre des professionnels présents, pour échanger, s'informer sur les aides, sur les solutions de répit, des services et les droits de l'aidant. L'événement baissera le rideau à 17 heures.
Un constat : de plus en plus d'aidants de malades ou de personnes handicapées
Si la journée de l'an dernier était articulée autour de la thématique du salarié aidant, la rencontre alésienne de ce jeudi s'appuie sur un constat. « Le premier public concerné est l'aidant de personnes âgées, mais nous avons de plus en plus affaire à des aidants de malades ou de personnes handicapées », déclare Vanessa Juhel. En conséquence, lors du théâtre-forum qui constituera le premier temps fort de l'après-midi, l'intervention d'ouverture sera consacrée à « l'aidant d'une personne atteinte d'Alzheimer », et la seconde se focalisera sur « le parent d'un enfant porteur d'un handicap ».
Le temps d'échanges né de la prestation des acteurs sera ensuite suivi d'un second moment de partage. Cette fois, avec la trentaine de partenaires mobilisés pour l'occasion. « Nous avons voulu sortir du côté traditionnel des stands pour favoriser la convivialité, en mettant en place de petits salons », précise la responsable du pôle de prévention chez Filieris. De quoi faciliter le contact : « Les aidants sont alors libres d'aller les voir et de discuter. »
Objectif : attirer un public le plus large possible
Cette journée alésienne des aidants vise le public le plus large possible (une centaine de personnes s'étaient déplacées l'an passé). Outre ceux personnellement concernés, viennent aussi des proches, des partenaires, des bénéficiaires du CCAS, etc. Et possiblement d'autres confrontés à une réalité qu'ils vivent sans pour autant mettre de mots dessus. Au gré de l'organisation de ce type d'événement, de tout un travail de cheminement, la « prise de conscience » que l'on est aidant, laquelle peut se révéler « personnelle », surgit. « Elle n'arrive pas au même moment pour chacun ! », souffle Vanessa Juhel.
D'ailleurs, Filieris s'inscrit dans une stratégie de « repérage », en formant les futurs soignants et autres professionnels, tels que les aides à domicile, qui sont au contact d'un public susceptible d'être aidant, et lui signifier ainsi qu'il peut être aidé, accompagné. « Pour éveiller la prise de conscience », dit Vanessa Juhel. Car ce que vit quotidiennement un aidant ne doit pas être pris à la légère. « L'idée, c'est de ne pas attendre d'être en situation d'épuisement, d'être débordé », insiste-t-elle. « Il faut se manifester dès qu'on en ressent le besoin, et le plus tôt possible ! »
« L'Instant répit », un îlot où se poser, se ressourcer
« L'Instant répit », ou Maison des aidants, qui a vu le jour en 2023 sur la place des Martyrs-de-la-Résistance, joue alors pleinement son rôle. D'autant plus que tout y est facile. C'est gratuit et les formalités sont ultra-simples : pas de dossier à remplir, on se contente d'une fiche. Et puis, « c'est du sur-mesure », souligne Vanessa Juhel. Là, sont proposés, en effet, des ateliers collectif ou individuel.
« L'Instant répit », c'est un îlot de tranquillité, voire un refuge temporaire. Comme elle le dit, « ça peut être juste pour pousser la porte et prendre un café. Poser ce qu'on a sur le cœur et repartir plus léger. »