À quelques jours de la rentrée universitaire, la recherche d'un appartement tourne au casse-tête à Montpellier. De nombreux étudiants abordent septembre sans avoir signé de bail, confrontés à un marché locatif asphyxié, selon les témoignages recueillis par Midi Libre.
Une situation critique pour les étudiants
Lilou, à la veille de son entrée en master d'arts plastiques, pensait aborder septembre sereinement. Déjà installée à Montpellier pendant sa licence, elle a dû quitter sa résidence Crous fin août en raison d'un problème de calendrier lié à la plateforme MonMaster. « Je devais attendre les résultats, et quand je les ai eus en juillet, c'était déjà trop tard pour renouveler la demande », explique-t-elle. Sa mère Cécile, AESH venue de Valence avec la grand-mère Michelle pour nettoyer le logement, a appris la fin du bail par un courriel reçu fin juillet fixant l'état des lieux au 31 août.
Depuis, elle ne compte plus les difficultés : « On s'est déplacées dans les bureaux du Crous, mais il n'y avait plus de logements disponibles. Pour les résidences étudiantes, il faudrait payer 700 € pour 18 m². De particulier à particulier, le problème c'est le nombre d'arnaques. En agence, la plupart du temps on n'obtient pas de réponses et ça part à une vitesse folle. »
Un marché asphyxié selon les professionnels
Lorenzo Accardo, agent de location chez Proby à Montpellier, dresse un constat alarmant : « En août, on a répondu négativement à plus d'une centaine d'appels. Le mot qui revient le plus, c'est "désespéré". » Entre des résiliations rarissimes et des parents qui louent dès le mois de mai, avant même les résultats Parcoursup, le marché est complètement asphyxié. « Tout ça forme un cocktail qui fait qu'à la fin du mois, on n'a plus rien. »
Aujourd'hui, Lilou est hébergée temporairement chez une amie dans 25 m², entourée de ses affaires. « Rien qu'en matériel d'art, je dois être à six cartons », glisse-t-elle. Avec un budget fixe de 500 €, elle regrette son ancien loyer de 316 €. « Si je dois me trouver un petit travail le week-end, je trouve un petit travail le week-end », se résigne-t-elle.
Des parcours semés d'embûches
Pour Justine Doucet, 18 ans, la première rentrée dans le supérieur s'annonce particulièrement complexe. Originaire de Haute-Vienne, la future étudiante en licence de science politique a commencé ses recherches fin juin, après les épreuves du bac. En deux mois, elle n'a obtenu qu'une seule visite. « Ça me stresse beaucoup, je ne connais personne et ne peux donc pas être hébergée alors que c'est loin de chez moi », confie la jeune fille. Pour cette unique démarche, sa mère et elle ont parcouru six heures de route et payé une nuit d'hôtel sur place, pour un dossier finalement rejeté. Sa pré-rentrée est mardi prochain, et Justine devra de nouveau dormir à l'hôtel. Faute de solution, elle compte sur la solidarité entre étudiants : « J'espère rencontrer quelqu'un dans ma future promotion qui sera assez gentil pour m'héberger si je n'ai toujours pas de logement à la rentrée, le 7 septembre… »
Du côté d'Uzès, Cécile Gandier s'inquiète pour son fils Thomas, 18 ans, futur étudiant en gestion. Sa famille a souscrit un prêt de 15 000 € pour financer ses loyers, mais le logement reste introuvable. « Pour sa sœur, à Cannes, ça avait été dur. Mais là, Montpellier, c'est un vrai parcours du combattant », résume la mère de famille. Sans permis de conduire, Thomas doit voyager seul en bus et en train. « Ça me stresse énormément. Un jeune homme de 18 ans, il y a plein de trucs encore qu'il ne sait pas… Mon fils va se retrouver à Montpellier dans une ville qu'il ne connaît pas, sans logement. Il tombe un peu des nues », ajoute-t-elle.
Des solutions d'urgence et un appel aux propriétaires
Thomas, de son côté, ne lâche rien et enchaîne les candidatures : « Après mon dernier refus, j'ai compté, j'ai envoyé des messages à 113 annonces. » Désemparé, il envisage de payer un abonnement de 29 € par mois sur une plateforme d'annonces exclusives, ou d'opter pour la cohabitation avec une personne âgée qu'il refusait jusqu'ici : « Je perdrais beaucoup d'APL, alors que ça coûte autour de 600 € par mois. Et puis je n'aurais pas trop d'indépendance… Mais je commence à me dire que je n'ai plus le choix. »
Pour aider les étudiants, Info Jeunes Occitanie (CRIJ) et ses partenaires organisent plusieurs journées d'information à Montpellier. Trois rendez-vous sont prévus : mercredi 28 août (10h-17h) au CRIJ, 6 rue d'Obilion (Comédie) ; mercredi 9 septembre (14h-17h) à Pierresvives, 907 rue du Professeur Blayac ; et mercredi 18 septembre (10h-17h) au CRIJ. Parallèlement, un appel est lancé aux propriétaires disposant d'un logement libre : ils peuvent contacter le CRIJ Occitanie au 04 67 04 36 66 pour être mis en relation avec des candidats accompagnés. L'entrée est libre, sans réservation.



