Une maison familiale préemptée par l'État, un couple d'entrepreneurs déçu à Poulx
Maison préemptée par l'État : un couple d'entrepreneurs déçu

Une maison familiale préemptée par l'État, un couple d'entrepreneurs déçu à Poulx

C'est une douche froide pour Marie et Jérémy, jeunes entrepreneurs poulxois. Alors qu'ils avaient signé le compromis d'achat d'une maison située au carrefour de la Vierge à Poulx, dans le Gard, la préfecture a préempté le bien à quelques jours de l'expiration du délai légal. Cette décision intervient dans un contexte de carence en logements sociaux, permettant à l'État d'intervenir sur n'importe quelle vente dans la commune.

Un projet immobilier transformé en projet de logements sociaux

La préemption vise à permettre à un bailleur social de construire douze logements sur une parcelle de 1 300 m², impliquant la démolition du bâtiment existant. Pourtant, le propriétaire, de la famille Videau, pensait transmettre cette maison d'agriculteur au jeune couple et la voir perdurer dans le paysage du village. Le projet de Marie et Jérémy prévoyait, après travaux, l'installation du salon de coiffure de Marie, ainsi que la construction de locaux supplémentaires pour accueillir d'éventuelles entreprises, contribuant ainsi au dynamisme économique local.

Opposition municipale et risques de sécurité

La municipalité de Poulx a exprimé des réserves quant à ce projet de logements sociaux. Elle souligne que l'emplacement de la maison Videau, située sur une route départementale très fréquentée avec un problème de visibilité lié à un terrain en angle, est jugé inapproprié. Selon elle, ces contraintes génèrent un risque avéré pour la sécurité. Ces arguments, ainsi que le désaccord transmis au bailleur social Habitat du Gard, ont conduit ce dernier à renoncer à son projet.

Persistance de la préemption et mobilisation citoyenne

Malgré ce retrait, la préemption n'a pas été levée. Un autre bailleur social, Un toit pour tous, a manifesté son intérêt pour le site. Marie déplore que "5 000 € de frais d'études aient déjà été engagés, alors que nous voulions contribuer au dynamisme du village. À Poulx, on parle beaucoup de logements, mais beaucoup moins de tissu économique. C'est un sujet qui nous tient à cœur". En attendant, les jeunes entrepreneurs ont lancé une pétition de soutien sur les réseaux sociaux, qui recueille déjà près de 500 signatures, témoignant de l'émotion suscitée par cette affaire dans la communauté locale.