Paul Kelly, rugbyman nîmois, confronté à une quinzième commotion cérébrale
À seulement 26 ans, Paul Kelly, troisième ligne du Rugby-club nîmois, se retrouve face à un avenir incertain après avoir subi une quinzième commotion cérébrale. Arrêté depuis fin octobre, ce joueur talentueux voit sa carrière vaciller, soulevant des interrogations cruciales sur la sécurité dans le rugby.
Un choc de trop lors d'un match face à Tricastin
La scène s'est déroulée fin octobre à Saint-Paul-Trois-Châteaux, lors d'un match contre Tricastin. À la trentième minute, après une percussion intense, Paul Kelly s'effondre sur le terrain. "Je me suis éteint, du moins aux dires de mes coéquipiers. Moi, je me suis relevé rapidement pour finir la rencontre", raconte-t-il. Sur le moment, rien ne semble alarmant, mais le lendemain, les symptômes apparaissent violemment : réveil difficile, maux de tête intenses et pertes de mémoire.
Ces signes sont malheureusement familiers pour le Gardois. En 2023, lors d'un quart de finale de Nationale 2, il avait déjà subi une commotion sévère, perdant même la notion de son nom et de la date. "Je ne me rappelle plus de rien", confie-t-il, soulignant la gravité répétée de ces incidents.
Une accumulation de commotions depuis l'adolescence
La première commotion de Paul Kelly remonte à ses 15-16 ans, pendant ses années UNSS à La Rochelle. Depuis, les chocs se sont multipliés, mettant en lumière les risques à long terme. "Il y en a eu beaucoup trop, admet sans détour le rugbyman. J'aurais sûrement dû arrêter il y a trois ans". Cette accumulation pose la question de la prévention et de l'accompagnement des athlètes dans les sports de contact.
Face à cette situation, le Rugby-club nîmois a réagi promptement. Le président Calligaro, évoquant un "vrai crève-cœur", a salué les qualités humaines et sportives de Kelly. Le médecin du club, Julien Dezile, a orienté le joueur vers le CHU Lapeyronie de Montpellier, où le docteur Marc Julia a mis en place un protocole strict incluant tests de mémoire, de concentration et repos.
Envisager une vie après le rugby
Pour le manager nîmois Guillaume Aguilar, la perte est double : "On perd un vrai guerrier, mais surtout un sacré mec. C'est d'autant plus dommageable qu'il est encore jeune et qu'il avait beaucoup à donner à ce sport". Aujourd'hui, Paul Kelly doit apprendre à accepter "une vie après le rugby", une transition brutale pour celui qui confie : "Le rugby, c'était toute ma vie".
Les symptômes persistent, avec des maux de tête et des nausées qui limitent ses activités. "Je peux avoir mal à la tête, des nausées. Des choses qui ne m'empêchent pas d'avoir des journées normales, mais je ne peux plus faire ce que j'aime sur un terrain. Je commence à l'accepter…". Malgré tout, le club espère le garder dans son équipe, par exemple en lui confiant des analyses de jeu, comme lors d'un match contre Genève.
Ce témoignage poignant relance le débat sur la sécurité et l'accompagnement des joueurs dans un sport où l'engagement physique peut laisser des séquelles irréversibles. La santé des athlètes doit rester une priorité absolue, afin d'éviter que de tels cas ne se reproduisent.