Projet Marienia à Cambo-les-Bains : un herbicide nuitamment répandu ravive les tensions électorales
Herbicide sur blé de protestation à Cambo-les-Bains avant les municipales

Un acte de vandalisme ravive les tensions autour du projet Marienia à Cambo-les-Bains

À quelques jours du premier tour des élections municipales, un incident malveillant a secoué la commune de Cambo-les-Bains. Un herbicide, répandu nuitamment, a détruit le blé planté sur une parcelle en lisière de la ville. Cette action cible directement les opposants au projet immobilier Marienia, qui pratiquent sur ce lopin des cultures de protestation. L'événement rappelle avec force la sensibilité extrême du sujet localement, électrisant déjà tout le mandat écoulé.

Un projet qui divise la campagne électorale

Le projet Marienia, porté par Bouygues, prévoit la construction de 94 logements, dont la moitié en logements sociaux. Il cristallise les lignes de fracture politiques entre les candidats. D'un côté, Christian Devèze, maire sortant du Modem, défend ardemment ce projet pour répondre au manque criant de logement social dans la commune. De l'autre, Argitxu Hiriart-Urruty (EH Bai) et Peio Etxeleku (PNB) s'y opposent fermement, dénonçant une urbanisation galopante et la consommation de terres agricoles de qualité.

Christian Devèze martèle un argument imparable : Cambo-les-Bains ne compte que 9 % de logements sociaux, loin des 25 % imposés par la loi SRU. La commune accumule des pénalités financières – 97 000 euros en 2024, 117 000 euros prévus en 2025 – et risque une mainmise préfectorale si l'effort de rattrapage n'est pas suffisant. Pour le maire sortant, Marienia et un autre programme, Usimendia (110 logements dont 50 % sociaux), sont essentiels pour produire les 500 unités nécessaires et bénéficier de la mansuétude de l'État.

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Les alternatives proposées par les opposants

Argitxu Hiriart-Urruty et Peio Etxeleku avancent des solutions alternatives pour développer le logement social sans sacrifier les terres agricoles. La candidate abertzale propose d'investir dans les 140 logements structurellement vacants, de lutter contre la prolifération des meublés de tourisme – en hausse de 35 % en dix ans – et d'utiliser les propriétés communales. Elle cite notamment l'ancienne clinique Beaulieu, la maison Falgade ou le terrain Tillac, estimant pouvoir créer au moins 100 logements à Beaulieu seule.

Peio Etxeleku, quant à lui, plaide pour une foncière communale, une structure juridique sous contrôle municipal qui permettrait de produire des programmes avec 80 à 90 % de logements sociaux sur des terrains publics. L'entrepreneur libéral doute de la magie autorégulatrice du marché et insiste sur la nécessité d'une intervention publique forte.

Un enjeu judiciaire et électoral brûlant

Le projet Marienia n'est pas seulement un sujet de campagne ; il est aussi devant les tribunaux. Un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État cible le permis de construire, même si les opposants ont été déboutés dans d'autres actions judiciaires. Christian Devèze juge irréaliste toute remise en cause, arguant d'un terrain évalué à 2,6 millions d'euros et des frais déjà engagés par Bouygues (700 000 euros).

Le scrutin ne peut se résumer à un simple référendum pour ou contre Marienia, mais le sujet trace une ligne de fracture politique indéniable. Il a configuré un premier tour à trois listes, contre deux seulement en 2020 et 2014, illustrant la polarisation autour des questions de logement et d'urbanisation. Alors que les électeurs se préparent à voter, l'acte de vandalisme sur le blé de protestation rappelle que les passions restent vives et que l'avenir de Cambo-les-Bains se joue aussi sur ces terres disputées.

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