Fin de la trêve hivernale à Montpellier : une période critique pour les locataires précaires
À Montpellier, la fin de la trêve hivernale, effective depuis le 31 mars à minuit, suscite une vive inquiétude quant aux expulsions locatives. Ce dispositif, qui suspend chaque année les mises à la rue pendant les mois d'hiver, marque souvent un moment de tension accru pour les ménages les plus vulnérables, ravivant les débats sur la précarité résidentielle dans la métropole.
Des procédures encadrées dans le parc social, mais des délais plus courts dans le privé
Dans le parc social montpelliérain, les expulsions restent relativement rares, avec environ 30 cas recensés annuellement, dont une douzaine pour ACM Habitat. Michel Calvo, président du CCAS de Montpellier, explique que les procédures sont "extrêmement encadrées", pouvant s'étaler sur jusqu'à quatre ans et demi entre l'apparition d'une dette et une expulsion effective. Durant cette période, les locataires bénéficient d'un accompagnement social, de plans d'apurement et de médiations, permettant parfois d'éviter l'expulsion jusqu'au dernier moment, comme dans un cas récent où une dette de 6 500 euros a été partiellement réglée.
En revanche, la réalité est bien plus brutale dans le parc privé. Les délais y sont nettement plus courts : une procédure peut être engagée en quelques mois et aboutir à une expulsion en un an, voire moins. Les marges de négociation dépendent largement des propriétaires, et une fois la décision de justice rendue, les possibilités de recours deviennent quasi inexistantes, exposant davantage les locataires à la rue.
Des situations précaires persistantes et une mobilisation associative
Malgré les dispositifs d'accompagnement, des situations complexes subsistent. Par exemple, après l'évacuation d'un squat en octobre 2025, où 32 personnes, dont 14 enfants, se sont retrouvées sans solution d'hébergement, une mobilisation associative et l'intervention des services municipaux ont permis de reloger la quasi-totalité des familles. Cependant, Monique, de l'association Un Toit Un Avenir, déplore que certaines dorment encore à plusieurs dans des chambres d'hôtel trop petites, dans des conditions toujours précaires.
Dans ce contexte, la fin de la trêve hivernale a conduit plusieurs collectifs mobilisés contre le sans-abrisme à organiser un rassemblement le 2 avril à Montpellier, devant une école du quartier Boutonnet, pour alerter sur le cas d'une mère seule et de son enfant menacés de se retrouver à la rue.
Un enjeu social majeur qui perdure
Entre les procédures plus longues du parc social et les réalités plus dures du marché privé, la fin de la trêve hivernale souligne que la question du logement demeure un enjeu social crucial à Montpellier. Les associations continuent de se mobiliser pour soutenir les ménages fragiles, rappelant l'urgence de solutions durables face à la précarité résidentielle.



