Espelette : La vente controversée d'une parcelle à Habitat Sud Atlantic finalement actée
Espelette : Vente de parcelle à HSA actée après débat houleux

Espelette : Un vote municipal houleux valide la vente d'une parcelle à Habitat Sud Atlantic

Le conseil municipal d'Espelette s'est réuni mercredi 18 février dans une atmosphère tendue, la salle étant comble avec un public nombreux, principalement des habitants du quartier de Basseboure. Cette réunion, la dernière sous la mandature du maire Jean-Marie Iputcha, avait à son ordre du jour un sujet particulièrement clivant : la vente de la parcelle C2123 au bailleur social Habitat Sud Atlantic (HSA) pour la somme de 54 000 euros, accompagnée d'une convention de servitude de passage sur la parcelle adjacente C2124.

Un projet de logements sociaux au cœur des débats

Ce terrain constructible situé à Basseboure est destiné à accueillir trois logements neufs de type T4 en accession sociale via le dispositif BRS (Bail Réel Solidaire). Le dossier, initialement proposé en 2021, a suscité de vives critiques de la part des riverains, qui ont dénoncé à plusieurs reprises la méthode employée par la municipalité.

L'historique du projet est marqué par une série de rebondissements. En décembre 2021, la municipalité annonce le projet de logements neufs accessibles en BRS, ainsi que la rénovation de l'ancienne école de Basseboure en deux appartements. En février 2022, l'association Basaburutarrak rencontre le maire et certains élus pour demander que l'école reste associative et propose une rénovation commune. L'association soulève également le fait que la parcelle, utilisée par un agriculteur, soit destinée à la construction.

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En août 2022, un accord oral est conclu concernant la rénovation de l'école, mais en janvier 2023, lors d'un rendez-vous en mairie, un revirement de situation survient sur la conduite des travaux. En mars 2022, pour marquer son opposition au devenir de l'école, l'association Basaburutarrak entrave le projet de logements neufs en déposant un recours. La réunion du conseil municipal du 2 mars doit même être écourtée par le maire suite à l'intervention des membres de l'association.

Le rejet des recours juridiques

En avril 2025, le tribunal administratif de Pau juge le recours de Basaburutarrak irrecevable, estimant que l'association n'était pas légitime pour le déposer. Basaburutarrak fait appel, mais est également déboutée, ce qui permet de remettre le dossier sur la table du conseil municipal.

Magali Lartigue, élue d'opposition, commente : « L'association a été déboutée sur la forme, non dans le fond. On sait que ce n'est pas le bon terrain pour construire parce qu'il y a des enjeux environnementaux. D'autre part, ce n'était pas une friche comme cela a été indiqué car un agriculteur l'utilisait, agriculteur qui n'a même pas été concerté. »

Les arguments de l'opposition et la défense du maire

Son colistier, Yannick Jaureguy, confirme que la décision aurait dû être débattue après les élections et propose même le retrait de ce vote. Il note également que depuis 2021, la redevance mensuelle a augmenté, passant à 1,50 € le m², et que les prix de vente des appartements sont désormais estimés à 250 000 euros, contre 210 000 euros initialement.

Le maire Jean-Marie Iputcha défend le projet : « L'idée principale de ce projet, c'était que les jeunes puissent se loger. Les prix ont augmenté depuis mais cela reste très concurrentiel par rapport au marché. Ce terrain avait été acheté pour en faire quelque chose à l'époque et je suis navré que cela ait été perçu autrement. »

Un vote serré et la neutralité d'une adjointe

Lors du vote, trois élus d'opposition se sont prononcés contre : Yannick Jaureguy, Magali Lartigue et Bruno Berterreix (qui avait donné procuration). Il est à noter que Sophie Suhas, adjointe et employée à HSA, a quitté la salle par souci de neutralité, évitant ainsi tout conflit d'intérêts. Malgré cette opposition, la vente à Habitat Sud Atlantic est finalement actée, mettant un point final à un dossier longuement inflammable qui a divisé la communauté locale.

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Ce projet illustre les tensions entre le développement de logements sociaux et les préoccupations des riverains, notamment en matière d'environnement et de concertation. La parcelle constructible et l'ancienne école de Basseboure restent des symboles des débats qui animent la vie municipale d'Espelette, avec des enjeux à la fois économiques, sociaux et environnementaux.