Une charte pour sécuriser les rencontres en ligne et lutter contre les violences homophobes
La ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a annoncé ce mercredi 25 mars 2026 la signature d'une « charte d'engagement » avec les plateformes de rencontres Tinder, Grindr, Bumble et Happn. Cette initiative vise à « lutter contre les guets-apens homophobes », où des personnes LGBT+ sont piégées et agressées après avoir été attirées par de faux profils.
Des engagements concrets pour prévenir, signaler et protéger
Le texte, intitulé « charte pour la prévention des violences et la sécurité des personnes LGBT+ », a été signé le lundi 23 mars 2026 en présence d'associations comme SOS homophobie, Stop homophobie, Le Refuge et Flag !. Il fixe trois priorités :
- Prévenir les situations à risque grâce à des outils améliorés de signalement.
- Signaler les menaces et guets-apens aux forces de l'ordre.
- Protéger les utilisateurs via des mesures de bannissement renforcées.
En 2024, les associations ont recensé un guet-apens homophobe tous les quatre jours, soulignant l'urgence de cette action.
Coordination renforcée avec les forces de l'ordre et conservation des données
Les plateformes s'engagent à conserver les données des utilisateurs suspects, même après suppression de leurs profils, pour les transmettre aux forces de l'ordre. Cela permettra une meilleure identification et poursuite des auteurs. Aurore Bergé explique dans une interview au magazine Têtu : « Nous allons simplifier la coordination entre les applications et les forces de l'ordre qui pourront avoir accès aux données de ceux qui tendent des pièges. »
De plus, le bannissement sera renforcé pour empêcher les réinscriptions après exclusion, et un dialogue accru entre plateformes sera facilité.
Promotion des profils vérifiés sans lever l'anonymat
La charte encourage le recours aux profils vérifiés, où les utilisateurs peuvent prouver leur identité via un selfie ou une pièce d'identité tout en conservant un pseudo. Aurore Bergé précise : « Il ne s'agit pas de lever l'anonymat mais de permettre aux utilisateurs de filtrer les profils proposés selon qu'ils ont été vérifiés ou non. »
Cette mesure vise à augmenter la confiance et la sécurité sans compromettre la vie privée.
Contexte d'augmentation des infractions anti-LGBT+
Selon les derniers chiffres officiels, les infractions anti-LGBT+ enregistrées par la police et la gendarmerie ont augmenté de 5% en 2024, atteignant 4.800 cas. Parmi ceux-ci, 3.100 étaient des crimes ou délits (hausse de 7%) et 1.800 des contraventions (hausse de 1%). Cette charte marque donc un engagement collectif inédit entre pouvoirs publics, plateformes numériques, associations et forces de l'ordre pour endiguer cette tendance alarmante.



