Une alliance stratégique pour le droit au logement
Dans un contexte de tensions immobilières croissantes sur la Côte d'Azur, Côte d'Azur Habitat et l'Association Tutélaire des Personnes Protégées des Alpes-Maritimes (ATIAM) ont scellé une convention historique en février dernier. Cet accord, présenté comme inédit dans la région, a pour mission centrale de protéger les locataires majeurs faisant l'objet d'une mesure de protection juridique, tels que ceux placés sous curatelle, qui rencontrent des difficultés persistantes dans le paiement de leurs loyers.
Coordination renforcée contre les expulsions
L'objectif premier de cette collaboration institutionnelle est de prévenir les expulsions de ces personnes particulièrement vulnérables. Manuel Smadja, directeur général de Côte d'Azur Habitat, précise les modalités opérationnelles : « Il y aura des rencontres fréquentes entre nos équipes, avec des référents désignés de part et d'autre, pour signaler et étudier en amont les situations à risque. » Cette approche proactive vise à désamorcer les crises avant qu'elles ne dégénèrent en procédures d'expulsion.
Rémi Notter, président de l'ATIAM, souligne l'importance symbolique et sociale de cet engagement : « Cette convention est fondamentale car nous portons une haute mission : permettre à ces personnes vulnérables d'accéder à la meilleure vie possible. Le logement constitue le pilier incontournable de la dignité humaine, tandis que l'expulsion représente une rupture sociale profonde et souvent irréversible. »
Un modèle de gestion sociale performant
Cette signature permet à Côte d'Azur Habitat de consolider sa position de premier bailleur social des Alpes-Maritimes, avec un parc de 21 000 logements sociaux. Le directeur général met en avant les résultats déjà obtenus : « Sur l'ensemble de notre parc locatif, nous ne comptons que 150 expulsions par an en moyenne. » Une performance qu'il attribue à l'organisation territoriale de l'organisme, avec huit agences gérées par huit accompagnants de terrain, assurant une réelle proximité avec les locataires.
Le dispositif d'intervention rapide est particulièrement efficace : dès qu'un loyer n'est pas payé à échéance, Côte d'Azur Habitat convoque immédiatement les occupants concernés pour rechercher des solutions adaptées. Cette réactivité est saluée par une locataire ayant bénéficié de ce soutien, qui témoigne sous couvert d'anonymat : « Ils nous octroient la base nécessaire pour avancer et évoluer. Ils sont arrivés au moment précis où j'allais baisser les bras, ils m'offrent véritablement une deuxième chance. »
Des protocoles individualisés pour maintenir dans les lieux
Le cas de cette locataire illustre parfaitement le mécanisme de protection mis en place. Après une ordonnance d'expulsion prononcée par un juge, elle a pu, avec l'aide d'un assistant social de Côte d'Azur Habitat, établir un protocole de cohésion sociale. Ce dispositif lui a permis de bénéficier d'un bail provisoire, à la condition expresse de signaler préventivement toute difficulté de paiement. « Cette approche individualisée et humaine fait toute la différence », confie-t-elle, visiblement émue par le soutien reçu.
Cette convention entre Côte d'Azur Habitat et l'ATIAM représente ainsi un modèle innovant de protection sociale dans le domaine du logement, combinant prévention, réactivité et accompagnement personnalisé pour les personnes les plus fragiles. Elle démontre qu'une gestion sociale proactive peut concilier viabilité économique des bailleurs sociaux et protection effective des droits fondamentaux des locataires.



