Un témoignage historique devant un jury populaire
Ce mercredi 18 février 2026, Mark Zuckerberg a franchi une étape judiciaire inédite en témoignant pour la première fois devant un jury populaire. Le fondateur de Meta comparaît au tribunal civil de Los Angeles dans un procès emblématique qui oppose les géants de la tech à des familles de victimes. Cette audience marque un tournant dans les poursuites contre les réseaux sociaux, avec des enjeux financiers colossaux et des implications juridiques majeures.
Des familles endeuillées face au patron de Meta
Sous les flashs des photographes, le milliardaire de 41 ans est arrivé au tribunal supérieur de Los Angeles où l'attendaient des parents dévastés. Lori Schott a brandi la photo de sa fille Annalee, qui s'est suicidée à 18 ans après avoir consulté des contenus sur la dépression et l'anxiété. Amy Neville, elle, a perdu son fils Alexander, âgé de seulement 14 ans, qui avait acheté un cachet de fentanyl via les réseaux sociaux.
Ces drames familiaux illustrent l'ampleur des accusations portées contre Meta et Google. Les plaignants affirment que Facebook et Instagram ont été délibérément conçus pour créer une dépendance chez les utilisateurs, particulièrement les plus jeunes, avec des conséquences tragiques sur leur santé mentale.
La défense de Zuckerberg : "Des services utiles que les gens aiment"
À la barre, Mark Zuckerberg a tenté de convaincre les douze jurés que ses plateformes n'avaient pas été créées dans le but de maximiser le temps d'utilisation. "Notre objectif a toujours été de construire des services utiles que les gens aiment utiliser", a-t-il déclaré. "Si nous y parvenons, ils passeront naturellement plus de temps sur nos services."
Le dirigeant a reconnu certaines erreurs, notamment concernant la vérification de l'âge des utilisateurs. Instagram n'a commencé à demander la date de naissance des nouveaux inscrits qu'en 2019, alors que des documents internes de 2015 révélaient déjà que quatre millions d'enfants de moins de 13 ans possédaient un profil aux États-Unis.
Des documents internes accablants
L'avocat de la plaignante, Mark Lanier, a présenté au jury des communications internes particulièrement compromettantes. Un e-mail de 2015 montrait que Zuckerberg avait fixé comme objectif une augmentation de 12% du temps moyen passé sur Instagram sur trois ans. Un autre document des équipes marketing de Meta, datant de 2018, affirmait : "Si nous voulons conquérir massivement les ados, il faut les capter dès l'âge des préados."
Le Social Media Victims Law Center, à l'origine de la majorité des plaintes, soutient que des fonctionnalités comme le défilement infini et la lecture automatique des vidéos ont été sciemment conçues pour "faire de nos enfants des addicts".
Un procès aux enjeux monumentaux
Cette affaire a été sélectionnée parmi 1 600 plaintes similaires, ce qui en fait un procès test dont le verdict créera une référence judiciaire. Dans le pire scénario pour les entreprises, les dommages et intérêts pourraient atteindre des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars.
Mark Zuckerberg a tenté de minimiser l'importance économique des adolescents pour Instagram, affirmant que moins de 1% des revenus de la plateforme provenaient de cette tranche d'âge. Il a également évoqué le projet abandonné d'Instagram Kids, qui aurait été destiné aux moins de 13 ans mais a finalement été retiré face à l'opposition des parents en 2021.
Le jury doit maintenant déterminer qui croire : les assurances du PDG de Meta à la barre ou les documents internes de son entreprise qui semblent contredire ses déclarations. Ce verdict historique pourrait redéfinir la responsabilité des géants de la technologie en matière de protection des utilisateurs, particulièrement des plus vulnérables.



