Nicolas Zepeda jugé à Lyon pour le meurtre de Narumi Kurosaki : un procès sous tension
Zepeda jugé à Lyon pour le meurtre de Kurosaki

Un troisième procès pour Nicolas Zepeda dans l'affaire du meurtre de Narumi Kurosaki

Pour la troisième fois, le Chilien Nicolas Zepeda comparaît devant la justice française, à partir de mardi à Lyon, pour le meurtre de son ex-petite amie japonaise, Narumi Kurosaki, survenu en 2016 à Besançon. Malgré une accumulation d'indices accablants, le suspect, âgé de 36 ans, persiste à nier farouchement toute implication dans cette affaire qualifiée de féminicide prémédité. Ce nouveau procès, prévu pour durer près de trois semaines devant la cour d'assises du Rhône, intervient après l'annulation par la Cour de cassation en 2025 des précédentes condamnations à 28 ans de prison, prononcées en 2022 et en appel en 2023, en raison d'un vice de procédure.

Des indices concordants malgré l'absence de cadavre

L'affaire, qui défraie la chronique judiciaire depuis des années, repose sur un faisceau d'indices concordants mis en lumière par l'enquête, en l'absence de cadavre, de preuve directe ou d'aveu. Selon l'accusation, Nicolas Zepeda, extrait du Chili en 2020 et incarcéré depuis, aurait prémédité et commis un crime de possession après avoir été éconduit par Narumi Kurosaki, une étudiante de 21 ans venue en France pour apprendre le français. Les relations entre les deux jeunes gens, initiées en 2014 au Japon, se sont détériorées à l'automne 2016, lorsque Narumi a rompu, trouvant son copain trop possessif et inquisiteur.

Les investigations ont révélé que Zepeda s'était rendu en France fin novembre 2016, prétendument pour ses études, mais en réalité pour épier son ex-petite amie et son nouveau petit ami français. Des bornages téléphoniques et des témoignages d'étudiants attestent de sa présence furtive dans la résidence universitaire de Besançon. La jeune femme a été vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre, et des voisins ont rapporté avoir entendu des hurlements terrifiants cette nuit-là, décrits comme sortant d'un film d'horreur. Zepeda affirme aux enquêteurs qu'il s'agissait de bruits émis lors de relations sexuelles consenties, une version jugée incohérente par les magistrats.

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Une reconstitution accablante et des achats suspects

L'enquête a mis en évidence plusieurs éléments troublants. Quatre jours avant la disparition, Zepeda avait acheté un bidon de cinq litres d'un produit combustible, des allumettes et un pulvérisateur de détergent à l'eau de javel. Après la nuit du 4 décembre, des courriels et messages prétendument envoyés par Narumi, mais considérés comme incohérents, ont tenté de rassurer son entourage en affirmant qu'elle se trouvait à Lyon pour renouveler son visa, une formalité qui relève en réalité du consulat japonais de Strasbourg. De plus, un billet de TGV Besançon-Lyon a été acheté en ligne le 6 décembre au nom de Narumi depuis un centre commercial où Zepeda était présent, mais elle n'a jamais pris ce train.

Les enquêteurs ont également découvert que le GPS et le téléphone de Zepeda le plaçaient dans un sous-bois bordé d'une rivière, où il aurait pu enterrer ou immerger le corps, cinq jours avant la disparition et après avoir quitté la chambre de la victime. La chambre de Narumi portait des traces d'un nettoyage récent au détergent, et ses effets personnels, dont son portefeuille contenant 565 euros, ses cartes bancaires, son manteau d'hiver et son téléphone, y ont été retrouvés, excluant l'hypothèse d'une fugue. Enfin, avant de quitter l'Europe pour le Chili, Zepeda a interrogé son cousin à Barcelone sur la mort par asphyxie et comment déterminer si une personne est vivante ou morte après une pendaison, ajoutant à la suspicion.

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La défense maintient l'innocence de l'accusé

Malgré ces éléments accablants, l'avocat de Nicolas Zepeda, Sylvain Cormier, a indiqué que son client continuerait à plaider son innocence lors de ce troisième procès. Zepeda, décrit comme un mâle blessé par l'avocat général lors des précédents procès, reste enfermé dans son déni, refusant d'admettre sa responsabilité dans ce qui est présenté comme un acte de violence prémédité. Le verdict de ce nouveau procès, attendu avec impatience par les parties civiles et l'opinion publique, pourrait mettre un terme à cette longue saga judiciaire, à moins qu'un coup de théâtre ne vienne bouleverser les débats.