YouTube face aux accusations d'addiction lors d'un procès historique
Ce mardi 10 février, l'avocat de Google, Luis Li, a fermement défendu YouTube contre les accusations de rendre sa plateforme addictive pour les enfants, lors du second jour d'un procès civil à Los Angeles. Cette affaire examine la plainte d'une jeune Californienne de 20 ans, Kaley G.M., qui affirme avoir développé une forte dépendance aux réseaux sociaux, entraînant dépression, anxiété et troubles de l'image de soi.
La défense de Google conteste les allégations
Luis Li a déclaré que YouTube « ne veut pas rendre les gens accros davantage qu'ils le seraient à de bons livres ou à l'apprentissage de nouvelles choses ». Il a martelé que la plateforme ne tente pas de « s'insérer dans votre cerveau et de le reconfigurer », réfutant ainsi les accusations portées la veille par l'avocat de la plaignante, Mark Lanier. Ce dernier avait accusé Google et Meta, maison mère d'Instagram, d'avoir « fabriqué l'addiction dans des cerveaux d'enfants ».
L'avocat de Google a présenté des communications internes de cadres de YouTube, montrant selon lui que l'entreprise privilégie la qualité des contenus à leur viralité. Il a également souligné que les contenus deviennent populaires grâce aux recommandations des utilisateurs, et non par l'action directe de YouTube.
Les arguments sur la consommation de la plaignante
Luis Li a mis en avant le témoignage de Kaley G.M., rappelant qu'elle avait affirmé sous serment ne pas être accro à YouTube. « Ce n'est pas de l'addiction aux réseaux sociaux quand il ne s'agit pas d'un réseau social et qu'il n'y a pas d'addiction », a-t-il insisté, contestant la définition souvent appliquée à YouTube dans ce contexte.
Un procès aux enjeux majeurs
Les plaignants attaquent la conception même des réseaux sociaux, ciblant les algorithmes et les fonctions de personnalisation qui encouragent le visionnage compulsif de vidéos. Ils accusent cette conception d'être négligente et nocive, reprenant une stratégie similaire à celle utilisée avec succès contre l'industrie du tabac dans les années 1990 et 2000.
Initialement, TikTok et Snapchat étaient également mis en cause, mais ils ont préféré passer un accord amiable avec la victime présumée pour un montant confidentiel. L'issue de ce procès pourrait établir un précédent judiciaire important en matière de responsabilité civile des opérateurs de réseaux sociaux, qui ont jusqu'ici été largement exemptés grâce à la protection offerte par la loi américaine sur les contenus des plateformes.
Ce débat soulève des questions cruciales sur l'impact des technologies numériques sur la santé mentale des jeunes et pourrait influencer la régulation future des géants du web.



