Procès libyen : Woerth justifie les 35 000 euros en liquide de la campagne Sarkozy 2007
Woerth justifie les 35 000 euros liquides de la campagne Sarkozy

L'ancien trésorier de la campagne Sarkozy 2007 s'exprime sur les flux d'espèces

Devant la cour d'appel de Paris, Éric Woerth, ancien trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a tenté de clarifier les mouvements d'argent liquide qui interrogent la justice. Ce mercredi 18 mars, dans le cadre du procès en appel sur le financement libyen présumé, il a reconnu avoir distribué « autour de 30 à 35 000 euros » en espèces à des salariés de la campagne au printemps 2007.

Des enveloppes mystérieuses et des dons anonymes

L'ancien ministre du Budget, récemment nommé président du PMU, a décrit comment cet argent lui était parvenu : par courrier, dans des enveloppes parfois timbrées, parfois non, durant la campagne électorale. Il attribue cette manne à des dons anonymes émanant d'un ou plusieurs partisans de Nicolas Sarkozy, alors en pleine course pour l'Élysée face à la socialiste Ségolène Royal.

« On s'aperçoit au fil du temps qu'il y a une série de remises, étonnantes mais c'est comme ça. Ce n'est pas si simple à arrêter », a-t-il expliqué lors de son interrogatoire. Pour Woerth, cet argent « tombé du ciel » s'explique par la « ferveur » exceptionnelle soulevée par le candidat Sarkozy à l'époque. « On est dans une ambiance extraordinaire donc des gens font des choses extraordinaires, et même des trucs un peu bizarres », a-t-il défendu, lui qui est aujourd'hui âgé de 70 ans.

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Une relaxe en première instance contestée par le parquet

En septembre, Éric Woerth avait été relaxé en première instance, mais le parquet a fait appel de cette décision. Les juges d'instruction soupçonnent que ces fonds pourraient provenir d'un financement libyen de la campagne, une affaire qui vaut à l'ancien président de la République et neuf autres co-prévenus ce procès en appel.

L'enquête n'a pas permis d'établir l'origine précise de ces liquidités, bien qu'elle ait mis en lumière des versements de 6,5 millions d'euros par la Libye sur des comptes proches des réseaux de Nicolas Sarkozy. Cependant, aucune preuve n'a été apportée que cet argent ait effectivement alimenté les caisses de la campagne.

Des explications jugées peu crédibles par la justice

Lors du premier procès en 2025, les juges ont estimé que le financement libyen n'était pas établi, mais ils ont également considéré que les explications d'Éric Woerth sur la circulation des espèces étaient « dénuées de toute crédibilité ». Face à la cour d'appel, l'intéressé s'est montré offusqué : « Il y a un moment, je n'ai plus d'explication à donner. Ça s'est passé comme ça ».

Il a minimisé l'importance de ces sommes, les qualifiant d'« anecdotiques » par rapport au budget global de la campagne. Ces liquidités ont été distribuées sous forme de primes de fin de campagne et de remboursements de frais. « On fait un focus sur les espèces comme si la campagne avait été financée par les espèces. La campagne a été financée par la Société Générale, elle a été financée par des virements, par des chèques. La campagne a été financée normalement », a-t-il soutenu avec force.

Un procès qui se prolonge jusqu'à la fin mai

Le procès, qui examine les allégations de financement illicite, est prévu pour durer jusqu'au 27 mai selon un nouveau calendrier établi. Cette affaire continue de soulever des questions sur les pratiques de financement politique en France, alors que les investigations se poursuivent pour éclaircir l'origine des fonds et les responsabilités éventuelles.

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