Vendée : une femme et sa mère jugées pour avoir tenté d'empoisonner le conjoint
Vendée : tentative d'empoisonnement d'un conjoint jugée

Une histoire d'amour qui tourne au cauchemar judiciaire en Vendée

À Thorigny, dans le département de la Vendée, Amélie B. et Enrique B. ont vécu les premières années d'une relation amoureuse qu'ils décrivaient comme « sortie tout droit d'un film ». Un cadre de vie idyllique avec une belle maison, un cercle d'amis proches et l'annonce d'une grossesse prometteuse. Mais cette existence paisible et bien ordonnée a brutalement basculé dans le drame.

Depuis mercredi, la jeune femme et sa propre mère, Carole D., comparaissent devant la cour d'assises de La Roche-sur-Yon. Elles sont accusées d'avoir tenté à plusieurs reprises d'empoisonner Enrique B. entre les années 2021 et 2022, en s'inspirant de techniques observées dans des séries populaires diffusées sur Netflix.

Des aveux glaçants et des méthodes inspirées du petit écran

« Je resterai célibataire jusqu'à la fin de ma vie, c'est une certitude, je resterai seul avec mon fils », a déclaré ce jeudi matin à la barre des témoins Enrique B., un homme imposant au crâne rasé et aux tatouages visibles. Visiblement ému, la gorge serrée et les larmes aux yeux, il a confié ne plus faire confiance aux femmes après cette terrible expérience.

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Ses premiers doutes se sont portés sur son ex-belle-mère, Carole D., qu'il a soupçonnée de tentative d'empoisonnement dès le début de l'année 2021. « Personne ne me croyait, j'en avais parlé à ma famille, on me disait que je me faisais des idées, alors j'ai décidé d'enregistrer des preuves », a-t-il expliqué devant la cour. Un soir, sa compagne Amélie B. lui a finalement avoué avoir introduit de l'aconit tue-loup dans son chili con carne, de l'alprazolam dans son café et des graines de ricin dans son tabac.

Ces modes opératoires ont été directement empruntés à des séries à succès telles que « You », « Breaking Bad » et « Georgia et Ginny ». « Elle m'a affirmé que c'était l'idée de sa maman », a rapporté Enrique B. devant les magistrats et le jury populaire.

Un chantage affectif et des menaces insoutenables

Malgré des aveux complets et détaillés, Enrique B. a pris la décision surprenante de ne pas porter plainte initialement. Interrogé par la présidente de la cour qui s'est étonnée de ce choix, le Vendéen a pris une profonde inspiration avant d'expliquer avoir été victime d'un chantage affectif intense. « Si je la quittais, soit elle mettait fin à ses jours, soit elle partait avec mon fils », a-t-il révélé.

Ces menaces, il les a prises extrêmement au sérieux. « Je savais qu'elle avait déjà pratiqué ce type de chantage avec son ex-mari. Pour moi, mon fils représente toute ma vie », a-t-il ajouté, visiblement encore marqué par cette période traumatisante.

Une relation qui se dégrade et une tentative finale

À partir de ce moment crucial, leur situation conjugale est devenue particulièrement complexe et opaque. Amélie B. a renoué avec un ancien amant tandis qu'Enrique B. quittait régulièrement le domicile conjugal pour se réfugier chez sa mère. « Quand j'ai appris qu'Amélie avait voulu empoisonner mon fils, je suis restée plusieurs mois sans lui adresser la parole », a témoigné la mère de la victime.

« Puis j'ai tenu à avoir une conversation avec elle, nous sommes allées marcher et elle m'a demandé : 'tu connais la chanson Requiem pour un fou de Johnny ?' Et elle a ajouté : 'Bah, c'est ça !' ». L'avocate générale a rappelé le sens de cette chanson controversée : « Elle évoque le droit de vie ou de mort sur la personne qu'on aime ».

Un droit de mort qu'Amélie B. a tenté d'appliquer une ultime fois en sectionnant les câbles de frein de la voiture de son ex-conjoint. Une violente altercation a éclaté, au cours de laquelle un téléphone portable a été projeté au visage d'Enrique B., le poussant finalement à porter plainte au commissariat.

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Un procès sous tension et un verdict imminent

Tout au long de l'audition d'Enrique B., Amélie B. a cherché à croiser le regard de son ex-conjoint tout en dissimulant son visage derrière un mouchoir qu'elle manipule nerveusement depuis le début des audiences. Enrique B., quant à lui, n'a pas adressé un seul regard en direction de son ancienne compagne. « Il est détruit mon fils, il peut paraître grand et costaud, mais il est profondément détruit », a insisté sa mère à la barre des témoins.

Mercredi, le duo mère-fille a reconnu avec un sang-froid déconcertant vouloir « se débarrasser » de la victime. Depuis l'ouverture des débats, une phrase prononcée par Amélie B. et consignée dans le dossier judiciaire hante l'esprit de tous les participants au procès : « Qui peut affirmer qu'il n'a jamais eu envie de tuer quelqu'un ? Sauf que moi, je suis passée à l'acte ». Le verdict de cette affaire complexe et troublante est attendu ce vendredi, mettant fin à plusieurs jours d'audiences particulièrement intenses.