La cour criminelle du Var, à Draguignan, a condamné ce vendredi Fabien Amphoux à 16 années de réclusion criminelle pour des viols sous soumission chimique commis sur six ex-concubines entre 2017 et 2023. L'homme, âgé de 28 ans, a reconnu les faits à l'audience.
Un mode opératoire sériel
Fabien Amphoux administrait du zolpidem et de la zopiclone à ses compagnes ou les étranglait jusqu'à évanouissement pour assouvir sa paraphilie. L'avocate générale Justine Poirieux a fustigé : « Monsieur avait décrété que son propre plaisir était supérieur au consentement de ses compagnes. » Elle avait requis 20 ans de réclusion, peine maximale prévue par la loi.
Après 1 heure 30 de délibéré, les magistrats ont déclaré l'accusé coupable de l'ensemble des chefs de prévention, à l'exception d'une tentative d'agression sexuelle sur une ancienne compagne. La peine prononcée est de 16 ans de réclusion criminelle.
Suivi socio-judiciaire et interdiction de paraître
À l'issue de sa peine, Fabien Amphoux devra respecter un suivi socio-judiciaire de 10 ans comportant une obligation de soins et l'interdiction d'entrer en contact avec les victimes. En cas de non-respect, il encourt quatre ans d'emprisonnement supplémentaire. La cour a également prononcé l'interdiction de paraître dans l'ensemble de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Un double visage dénoncé
L'accusation a souligné le caractère « sériel » des viols, un mode de fonctionnement criminel répété au fil des ans. Me Nicolas Berthier, en défense, avait plaidé pour ne pas faire fi de l'autre facette de l'accusé : celle d'un « garçon gentil, serviable, intelligent ». Mais l'avocate générale a rappelé que rien ne l'arrêtait, même après avoir été confronté aux vidéos par une victime en juin 2021, ou après le dépôt d'une plainte en novembre 2022.
Ainsi, deux jours avant son interpellation dans un hôtel à Monaco, il violait Ève après l'avoir étranglée. Au réveil de la jeune femme, alors qu'il terminait son acte, il lui disait : « Je suis là, ne t'inquiète pas, c'est normal. »
Un écho au procès de Mazan
Le procès a été marqué par l'ombre du procès de Mazan, où Dominique Pelicot est jugé pour des faits similaires. Me Lucille Baratte, en partie civile, a cité Gisèle Halimi : « Le viol n'est pas un excès de désir mais un abus de pouvoir. »



