Un détenu préfère la prison à temps plein et s'évade pour y retourner
Une affaire insolite a été jugée lundi 16 mars par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Un multidélinquant de 30 ans, purgeant une peine au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, a délibérément provoqué sa propre condamnation pour échapper à un régime de semi-détention qu'il jugeait trop contraignant.
Le refus d'une liberté partielle
En fin de peine, l'homme bénéficiait d'une mesure de semi-détention, lui permettant de travailler la journée tout en réintégrant sa cellule la nuit. Cependant, cette formule ne lui convenait pas. « C'était trop dur. Je voulais aller en prison », a-t-il déclaré lors de l'audience. Selon son avocat, ce régime offrait moins de temps pour voir ses enfants que la détention complète et imposait des journées de travail jugées « exigeantes ».
Une évasion calculée
Pour mettre fin à cette situation, le détenu a pris une décision radicale le 24 février dernier : il n'est pas rentré d'une permission, s'exposant ainsi à des poursuites pour évasion. Son objectif était clair : être arrêté, jugé en comparution immédiate et condamné à une peine ferme, avec maintien en détention. Cette stratégie a parfaitement fonctionné.
Le succès d'une manœuvre judiciaire
Retrouvé le 13 mars, l'homme a été arrêté et présenté devant le tribunal. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à six mois de prison ferme, avec maintien en détention comme il le souhaitait. Cette affaire met en lumière les paradoxes du système carcéral et les motivations parfois surprenantes des détenus face à des mesures alternatives à l'incarcération.
Le cas illustre comment certains individus peuvent préférer la stabilité et les avantages perçus de la détention classique, malgré sa privation de liberté, à des régimes de semi-liberté jugés plus difficiles à gérer au quotidien.



