Procès du braquage de Taillebourg : Trois ans requis pour le complice chauffeur
Le procès du braqueur d'un buraliste de Taillebourg et de son complice a repris ce lundi 30 mars devant la cour criminelle de la Charente-Maritime, réunie à Saintes depuis le vendredi 27 mars. L'audience a débuté par l'audition du médecin généraliste qui avait examiné le buraliste un an après le vol à main armée, commis le 24 novembre 2023.
Stress post-traumatique majeur pour la victime
Le professionnel de santé a insisté sur le stress post-traumatique majeur dont souffre le commerçant. Il se manifeste par une hypervigilance, des troubles du sommeil, des souvenirs répétitifs du cambriolage et une peur quotidienne. « Il présente la totalité des items, ce qui est rare », a-t-il déclaré. Vendredi après-midi, le buraliste avait témoigné avec une très grande émotion de sa vie chamboulée depuis ce vol à main armée.
Son avocate, Me Serres-Cambot, a résumé la détresse de son client ainsi : « C'est 1 minute et 8 secondes de braquage ; c'est 1 225 440 minutes de vie qui lui ont été bouffées. » Un client du commerce est également partie civile dans ce dossier, ainsi que le propriétaire de la voiture volée qui a permis d'aller à Taillebourg, depuis Aytré après un passage par Beauvais-sur-Matha.
Sept ans requis pour l'auteur principal
En milieu de matinée, l'avocate générale Alice Rodrigues a requis sept ans d'emprisonnement et la révocation d'un an de peines de sursis contre Alexandre Pezeau, 23 ans, auteur du vol à main armée qu'il reconnaît depuis le début. Le Ministère public a avancé ses huit condamnations antérieures, son attitude déterminée et calme pendant le braquage, et les préparatifs incluant le vol d'une voiture vingt-quatre heures plus tôt, un fusil de chasse et le choix d'un commerce qu'il connaissait.
L'accusé devait répondre de plusieurs vols. Une victime voulait retrouver la guitare de son fils disparu... « Elle vous suppliait, vous lui aviez volé un souvenir comme vous avez volé la tranquillité qu'était venu chercher le commerçant. Voyez ce que vous faites aux gens », a souligné l'avocate générale.
Peine de trois ans pour le complice chauffeur
Pour le complice chauffeur, Alice Rodrigues a demandé une peine de trois ans d'emprisonnement, dont deux ans avec sursis probatoire pendant deux ans. « Avait-il le choix ? Oui. A-t-il fait le mauvais choix ? Assurément », a-t-elle affirmé. Le jeune homme de 23 ans n'avait jamais eu affaire à la justice avant les faits jugés depuis vendredi.
Ils étaient trois lors de la commission des faits, mais rien n'a été retenu contre la jeune femme, petite amie mineure du principal accusé. Le verdict sera rendu en fin de journée, clôturant cette audience chargée d'émotion et mettant en lumière les conséquences durables d'un acte criminel sur ses victimes.



