Trafic de drogue via réseaux sociaux : quatre condamnations et une relaxe à Mont-de-Marsan
Trafic de drogue via réseaux sociaux : quatre condamnations à Mont-de-Marsan

Trafic de stupéfiants organisé via les réseaux sociaux : quatre condamnations prononcées

Ce mardi 24 mars 2026, le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan a jugé cinq individus suspectés d'avoir organisé un trafic de drogue via les réseaux sociaux. Quatre hommes et une femme, âgés de 27 à 39 ans, ont été présentés devant les juges pour des faits de trafic de cannabis et de cocaïne d'envergure.

Une audience technique remarquable

La greffière a réalisé une prouesse organisationnelle en coordonnant une quadruple visioconférence entre trois centres pénitentiaires de la région et la salle d'audience du tribunal. Obtenir les accords de chacun, s'accorder sur les horaires, régler le son : cette performance technique a permis le bon déroulement des débats. Sur le grand écran, trois hommes apparaissaient dans leurs cadres respectifs, tandis que les autres prévenus étaient physiquement présents dans la salle Chalosse.

Un réseau démantelé par les gendarmes landais

L'enquête a débuté fin février 2026 à Soorts-Hossegor, où les gendarmes ont remarqué le comportement suspect d'une femme de 39 ans. Stationnant sur un parking avec les feux allumés et le moteur en marche, elle effectuait une transaction avant de repartir. Les militaires, rompus à ce type de manœuvres, ont pris le véhicule en filature, découvrant ainsi un réseau organisé de livraisons de stupéfiants.

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Quelques semaines plus tard, quatre Landais et un Girondin étaient interpellés. Le procureur a décrit lors de l'audience une organisation structurée : « L'un joue les grossistes, il confectionne les pochons et met à disposition les véhicules ; un autre sert de nourrice, contre sa dose de cannabis, il garde chez lui la marchandise. » Deux livreurs complétaient ce dispositif, dont la femme qui déclarait : « Je recevais des consignes d'El Mago avec l'adresse de livraison, la quantité de drogue et le prix convenu. »

Un trafic chiffré à 48 000 euros

Toutes les communications s'effectuaient via des messageries cryptées, rendant l'enquête particulièrement complexe. Les investigations ont permis d'établir qu'environ quarante-cinq jours de livraisons avaient eu lieu, pour un montant total estimé à 48 000 euros. Quatre des prévenus ont reconnu les faits dans leurs grandes lignes, tandis qu'un présumé donneur d'ordres a clamé son innocence, affirmant que la sacoche qu'il récupérait contenait son traitement contre le diabète.

Un élément notable a été souligné par le tribunal : tous les prévenus présentaient des antécédents judiciaires liés aux stupéfiants, démontrant une récidive dans ce type de délit.

Les plaidoiries des avocats et le verdict

Face à des réquisitions allant de trois ans de prison à huit mois ferme, les avocats de la défense ont développé des arguments variés. Me Ville a demandé « une modulation de la peine de ces personnes dépassées par l'ampleur du trafic », tandis que Me Mira a regretté « les approximations dans cette affaire ». Me Dulhoste a quant à elle dénoncé un dossier « du fantasme ».

Le verdict final a été prononcé après délibération :

  • Le prétendu donneur d'ordres a bénéficié d'une relaxe au bénéfice du doute, Me Berrand ayant souligné « un biais interprétatif et l'absence de caractérisation de l'infraction »
  • Le grossiste a écopé de trois ans de prison dont un an avec sursis et maintien en détention
  • Le livreur au casier judiciaire chargé a été condamné à dix-huit mois de prison dont six avec sursis et reste en détention
  • La nourrice et la femme livreuse ont chacune reçu une peine de seize mois de prison dont quatre avec sursis

Cette affaire illustre l'évolution des méthodes de trafic de stupéfiants, qui exploitent désormais les technologies de communication modernes tout en conservant des structures organisationnelles traditionnelles. Le tribunal de Mont-de-Marsan a ainsi sanctionné sévèrement ce réseau qui opérait dans les Landes et en Gironde, tout en respectant les principes de présomption d'innocence pour l'un des prévenus.

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