Tariq Ramadan jugé par défaut pour viols : la justice française émet un mandat d'arrêt
La cour criminelle départementale de Paris a pris une décision majeure ce vendredi 6 mars 2026 en ordonnant que l'islamologue suisse Tariq Ramadan soit jugé par défaut et à huis clos pour des accusations de viols sur trois femmes. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a simultanément délivré un mandat d'arrêt à exécution immédiate contre l'accusé de 63 ans, absent depuis l'ouverture de son procès le lundi précédent.
Absence injustifiée et expertise médicale
La magistrate a catégoriquement rejeté la demande de renvoi d'audience présentée par la défense de Tariq Ramadan, estimant qu'aucune excuse valable n'avait été fournie pour justifier son absence. Pour étayer cette décision, la cour s'est appuyée sur un rapport d'expertise médicale commandé à deux neurologues. Ces experts ont conclu à la stabilité de la sclérose en plaques dont souffre l'islamologue, réfutant ainsi l'argument d'une poussée récente invoqué par ses avocats pour expliquer son hospitalisation à Genève.
Malgré la transmission d'un courrier médical supplémentaire par la défense, soulignant que le patient était vidé de son énergie vitale et nécessitait une période de repos, l'avocat général Philippe Courroye a qualifié ce document de dernier joker dilatoire. Il a fermement critiqué ce qu'il a décrit comme une dérobade de l'accusé, affirmant que Tariq Ramadan avait délibérément placé une frontière et le lac Léman entre lui et la justice française parce qu'il ne souhaitait pas être jugé.
Réactions de la défense et huis clos ordonné
En réponse à cette décision, les quatre avocats de Tariq Ramadan ont immédiatement quitté la salle d'audience en signe de protestation. Me Ouadie Elhamamouchi a déclaré aux journalistes que rester aurait signifié assumer ce qu'il a qualifié de parodie de justice, ajoutant que son client faisait une fois de plus l'objet d'un acharnement judiciaire. Sa consœur, Me Marie Burguburu, a pour sa part estimé que la délivrance du mandat d'arrêt constituait une forme d'exécution de leur client.
La cour a par ailleurs ordonné la tenue du procès à huis clos, une mesure de droit lorsqu'une victime partie civile en fait la demande. Cette décision intervient alors que Me Elhamamouchi avait précédemment affirmé que Tariq Ramadan souhaitait être jugé et contrastait avec les demandes des parties adverses.
Accusations et conséquences potentielles
Tariq Ramadan est accusé de viols sur trois femmes entre 2009 et 2016 à Lyon et Paris, des faits qu'il conteste fermement. Les accusations spécifiques incluent :
- Un viol aggravé avec violences sur personne vulnérable commis sur Christelle (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009
- Un viol présumé sur Henda Ayari à Paris en 2012
- Un autre viol sur une troisième femme en 2016
L'islamologue, déjà condamné par la justice suisse pour un viol sur une femme distincte, encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle s'il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés en France. Tout au long de l'instruction et après son renvoi devant la justice, il a multiplié les offensives procédurales pour réclamer de nouvelles investigations et repousser la tenue du procès, arguant disposer d'expertises prouvant son innocence.
Le procès, qui devait initialement se poursuivre jusqu'au 27 mars, se déroulera donc en l'absence de l'accusé, sous le régime exceptionnel du jugement par défaut. Cette procédure judiciaire rare souligne la détermination des autorités françaises à poursuivre les poursuites malgré les multiples tentatives de report et les contestations de la défense.



